ASTROCULTURE

09 janvier 2013

Astro/Tarot : le tirage de Janus




Janus, le dieu aux deux visages, est l’une des plus anciennes divinités de l’empire romain. On l’implorait le premier mois de l’année, Januarius, et aussi au début de chaque mois et de chaque jour, car il est le gardien des portes (janua) et des seuils.


Un visage tourné vers l’avant et l’autre vers l’arrière, Janus surveille le passage entre deux espaces (seuil concret) ou encore entre deux espaces/temps, voire deux états (seuil symbolique).

C’est ainsi qu’après le solstice d’hiver, le mois de janvier — et spécialement la nuit du 31 décembre au 1er janvier — est une porte de Janus : à la fois porte de sortie de l’année en cours et porte d’entrée dans la nouvelle année.
Plus encore, lorsque nous franchissons ce seuil, nous espérons un nouveau commencement, comme entrer dans une nouvelle vie. Nous prenons de bonnes résolutions et comptons sur de meilleures conditions d’existence, reflet du passage à un nouvel état de conscience ; peut-être.

Entre amis le soir de la Saint-Sylvestre ou autrement tout au long du mois de janvier, vous pouvez effectuer un tirage de tarot spécial que j’appelle le « tirage de Janus ».

Après avoir battu le jeu, vous tirez deux lames : la première représente ce que vous laissez derrière vous et qui appartient à l’année que vous quittez. La seconde symbolise ce que vous devez accueillir au cours de la nouvelle année.

En guise d’exemple, je partage avec vous mon tirage du 1er janvier 2013.



Ce que je dois laisser derrière moi et qui appartient à l’année 2012 : 8 d’Epées

Le 8 d’Epées évoque le fait de se retrouver dans une situation difficile, une situation dans laquelle on a l’impression de manquer de liberté et de pouvoir. En réalité, et à l’instar de la figure représentée sur la lame, il s’agit plutôt d’une prison mentale puisque, dans le jeu de Tarot, la suite des épées est liée à l’élément Air. Les limitations sont généralement issues de notre refus de la Réalité, autrement dit de la Vérité de la situation : la femme a les yeux bandés et, à bien y regarder justement, elle n’est pas vraiment entravée dans ses mouvements.
Le 8 d’Epées est rattaché au 8ème arcane majeur, la Force selon la classification du Rider-Waite qui est le Tarot dont je me sers habituellement. Il s’agit de la force intérieure (le contraire de la force aveugle, celle de l’animal), de la confiance en soi qui permet de vaincre les obstacles et les défis, ou plus simplement qui autorise sereinement à dire « oui » à toute situation de la vie.
La Golden Dawn associe le 8 d’Epées à Jupiter en Gémeaux, le signe où la planète est en « exil ». Jupiter est l’antithèse de Mercure qui a la maîtrise des Gémeaux parce que la foi et l’optimisme sont le contraire de la raison et du doute, de même que la synthèse est l’opposée des détails. Ainsi, on comprend qu’en Gémeaux les espérances jupitériennes de croissance et d’amélioration sont compromises par les doutes incessants et la division intérieure.
C’est donc avec plaisir que je vais laisser derrière moi un sentiment d’entrave, une impression de subir certaines situations extérieures en raison de réticences intérieures ou d’une volonté trop prégnante de contrôle de la vie. 

Ce que je dois accueillir en 2013 : 4 d’Epées

Le 4 d’Epées est ma lame préférée ! Elle symbolise la capacité à prendre du recul pour mettre les choses en perspective ainsi que le besoin de se recentrer pour préparer le futur, mais surtout elle annonce une guérison spirituelle du corps et de l’esprit (le vitrail).
C’est en s’extrayant du tumulte extérieur et en entrant dans une autre dimension de la réalité par le recueillement ou la méditation que nous pouvons nous aligner avec notre Moi authentique, notre être supérieur. Dans cet espace sacré hors du temps et silencieux, à l’image du décor de la lame qui représente un gisant dans une église, nous faisons l’expérience d’états modifiés de conscience qui nous permettent de trouver des solutions aux problèmes et augmentent notre créativité. L’amour guérisseur qui est la grande force de l’univers peut facilement faire son œuvre. Les blessures sont pansées et les forces reviennent grâce une réparation profonde de la psyché. Ainsi reconstruits de l’intérieur, faisant preuve de stabilité et d’une plus grande clarté de conscience (la couleur jaune), nous pouvons mieux préparer l’avenir.
Le 4 d’Epées est rattaché au 4ème arcane majeur, l’Empereur qui symbolise avant tout l’ordre et l’autorité (leadership). Il s’agit donc ici de pensées structurées et plus encore de contrôle, non pas des situations extérieures mais du mental. Garder la maîtrise de ses pensées grâce à la contemplation ou la méditation permet le détachement en toutes circonstances, lequel assure une position de force.
La Golden Dawn associe le 4 d’Epées à Jupiter en Balance, le signe de l’harmonie, de l’impartialité et de l’équilibre. La croissance et l’épanouissement vont donc dépendre de la paix intérieure et de l’objectivité.

Avec ce tirage de Janus, le Tarot me confirme dans mes intentions pour l’année 2013. A savoir : prendre le temps d’écouter ma voix intérieure pour mieux examiner mes motivations et projets professionnels, et aussi purifier mes centres énergétiques, car plus nous sommes alignés sur le Soi, plus les choses sont facilitées.


Mes meilleurs vœux pour cette nouvelle année.


Isabelle Cantin - Hridaya / Tous droits réservés / janvier 2013


04 juin 2012

La rétrogradation et le transit de Vénus du 6 juin 2012



Tous les 19 mois ou 584 jours a lieu une rétrogradation de Vénus, la planète de l’amour, de la beauté et de l’harmonie. Elle dure de 41 à 44 jours et s’étend sur 15-16 degrés de longitude zodiacale. Son temps fort est la conjonction inférieure Soleil-Vénus qui est suivie 9 mois plus tard par une conjonction dite supérieure. 
Mais cette année, il ne s’agit pas d’une simple conjonction inférieure de Vénus, mais d’un « transit » — événement astronomique rare qui de surcroît se produit concomitamment avec une saison d’éclipses et le premier carré croissant Uranus-Pluton.

En raison de cette période exceptionnelle, je vous propose quelques articles rédigés au gré de mon inspiration et surtout de mon envie de partager avec vous quelques-unes de mes connaissances et intuitions.


Le cycle de rétrogradation de Vénus

Vénus est entrée dans sa période de rétrogradation le 15 mai avec la station rétrograde à 23°59 Gémeaux, et ce jusqu’au 27 juin, date de la station directe à 7°27 Gémeaux. Le cycle de rétrogradation complet s’étend quant à lui du 12 avril au 31 juillet 2012. La conjonction Soleil-Vénus rétrograde dite conjonction inférieure a lieu le 6 juin à 15°45 Gémeaux et la conjonction Soleil-Vénus directe dite conjonction supérieure aura lieu le 28 mars 2013 à 8°08 Bélier. 


Sur une période de huit années, les boucles de rétrogradation de Vénus dessinent dans le ciel une étoile à cinq branches, le pentagramme associé aux cinq éléments qui est employé dans les rituels de magie, ou bien encore une rose à cinq pétales, la rose mystique symbolisant la renaissance. Chaque rétrogradation est séparée de 215,6 degrés de la précédente et au bout de huit ans Vénus rétrograde revient à la même place avec un léger décalage de 2 à 3 degrés dans le sens inverse du zodiaque. Ainsi, en notant sur la roue zodiacale toutes les conjonctions inférieures (il en va de même des conjonctions supérieures), vous pourrez tracer une étoile à cinq branches après la 6ème conjonction qui revient presque à la position de la première (voir le schéma ci-dessous). 
Relevons que s’agissant de ce cycle de huit ans, l’ordre des signes demeure toujours le même pendant plus d’un siècle ; 104 ans exactement, puisqu’il y a treize conjonctions inférieures dans le même signe à des intervalles de huit ans. L’ordre des signes est actuellement : Bélier, Gémeaux, Lion, Scorpion et Capricorne.

C’est ainsi que les transits de Vénus rétrograde ayant lieu dans la même maison astrologique tous les 8 ans, il peut y avoir des échos du passé dans la situation actuelle sous la forme d’un retour des mêmes problématiques ou de la révision d’une situation laissée en suspens.





De la planète Vénus dépendent symboliquement nos jugements-sentiments, le « j’aime »/« je n’aime pas ». Mais à un niveau supérieur, lorsque l’ego et la sensation de séparation ont été dépassés, Vénus représente l’amour christique, l’amour pur et inconditionnel. Par sa maîtrise du Taureau, Vénus a trait aux valeurs et aux possessions et par sa maîtrise de la Balance, elle a trait aux relations. Les deux signes ont un lien avec l’art et la beauté, plus sensuel avec le Taureau et plus éthéré ou cérébral avec la Balance. 


Au cours de la période de rétrogradation, il s’opère un repliement, une introversion qui nous permet de nous interroger sur nos valeurs profondes, nos relations et sur le degré de plaisir et d’harmonie existant dans notre vie. Il s’agit là d’une nécessaire déconnexion d’avec le monde extérieur et les diktats sociétaux afin de se recentrer sur soi et ses besoins personnels. 

Généralement tout commence par de l’insatisfaction, voire même des difficultés relationnelles ou financières ; et le degré de discorde qui se manifeste dans notre vie à partir de la station rétrograde traduit l’écart existant avec nos valeurs essentielles.
Très souvent une situation ou un événement relevant de la maison et des planètes contactées par la rétrogradation sert de catalyseur à l’auto-examen. A cette occasion, Vénus rétrograde peut marquer le retour ou le souvenir d’anciennes relations ou bien encore réactiver de vieux schémas relationnels. Il en est de même s’agissant de notre système de valeurs, la rétrogradation peut raviver la mémoire de choses que l’on a appréciées dans le passé.

Le moment de la conjonction inférieure pointe un nouveau commencement : après la réévaluation de nos appréciations et de nos modes relationnels, après le réveil éventuel de talents enfouis ou latents, émergent de nouvelles valeurs personnelles qui seront à la base de nos choix futurs. 
En se levant avant le Soleil, Vénus est désormais l’ « étoile du matin » ou « Vénus Lucifer » porteuse de lumière — la lumière de l’Etre — de sorte que ces nouvelles tendances s’affichent de plus en plus ouvertement à partir de la station directe de Vénus. On devient plus créatif, plus enthousiaste et plein d’allant. C’est la spontanéité des sentiments.
Les résultats se révèleront 9 mois plus tard avec la conjonction supérieure. Vénus qui commence à ralentir devient alors « Vénus Hesperus » ou « étoile du soir », symbole d’objectivité et de secondarité au niveau des jugements-sentiments.

Les personnes les plus sensibles aux rétrogradations vénusiennes sont les natifs ou les Ascendants Taureau et Balance, ainsi que ceux qui comptent Vénus parmi leurs planètes dominantes.

Sur le plan collectif, les périodes de rétrogradation de Vénus se traduisent par des événements financiers ou monétaires et par une recrudescence de la diplomatie. Vénus symbolisant la paix, d’importants conflits peuvent surgir tous azimuts. 
Le carré mutable Vénus-Mars (Gémeaux/Vierge), exact le 5 juin, accentue l’instabilité et les discordes dues aux intérêts personnels et aux valeurs, avec pour toile de fond l’écart entre d’une part les possibilités, les hypothèses, et de l’autre le pragmatisme et la discipline. 
Associé au carré Uranus-Pluton (exact le 24 juin) et à la saison d’éclipses dans l’axe Gémeaux/Sagittaire — axe du mental, de la communication, des croyances et des idéologies —, le climat collectif est très tendu, prompt aux clashs, aux révolutions, aux émeutes et aux dissensions sociales.
Il est certain que tout événement majeur se produisant au cours de cette période, tel une guerre, une révolte ou la sortie d’un pays de la zone euro, aurait des conséquences propres à déstabiliser le monde pendant de nombreuses années. Cet événement donnerait le ton car le carré Uranus-Pluton du 24 juin est le premier d’une série de sept qui s’étend jusqu’en mars 2015.


Le transit de Vénus du 6 juin 2012

Vénus et les cycles vénusiens (dont l’étude exhaustive dépasse l’objet de cet article) ont très tôt passionné les hommes. On retrouve des traces de cette fascination dans des structures mégalithiques d’Irlande, au sein des cultures précolombiennes qui comptaient de merveilleux observateurs du ciel, ancêtres des astronomes, sans oublier les mythes (Ishtar, Inanna, Isis, Aphrodite, par ex). 


Les Mayas avaient d’ailleurs prévu l’un des événements majeurs de l’été 2012, à savoir que la conjonction inférieure Soleil-Vénus du 6 juin est aussi un « transit » de Vénus, le second d’une paire qui a débuté le 8 juin 2004.


Un peu d’astronomie



Un « transit » est le passage d’un astre devant le disque solaire observé de la Terre. Les orbites de Mercure et de Vénus pénétrant en deçà de l’orbite de la Terre, ce sont les deux seules planètes — dites « intérieures » ­— pouvant produire un transit. Concrètement, il s’agit d’une sorte d’éclipse, mais étant plus éloignés de la Terre que la Lune, Mercure et Vénus apparaissent comme un petit disque sombre se déplaçant sur la surface du Soleil. 

Un tel transit n’a donc lieu que lorsque la planète, Mercure ou Vénus, forme une conjonction inférieure avec le Soleil et qu’en même temps elle croise l’orbite de la Terre (l’écliptique). 
L’orbite de Vénus étant inclinée de 3,4° par rapport à celle de la Terre, elle coupe le plan de l’orbite terrestre deux fois dans l’année : début juin (Nœud Sud de Vénus ou « Nœud Descendant ») et début décembre (Nœud Nord de Vénus ou « Nœud Ascendant »). Si au même moment Vénus passe entre la Terre et le Soleil, il se produit alors un alignement Terre-Vénus-Soleil, et un transit peut être observé (schéma ci-dessous).




Il s’agit d’un événement rare, plus rare d’ailleurs s’agissant de Vénus que de Mercure qui est plus proche du Soleil, puisqu’il se produit environ treize transits de Mercure par siècle contre tout au plus deux s’agissant de Vénus.
Les transits de Vénus se répètent d’après une séquence de 243 ans avec une paire de transits à l’un des nœuds séparés de 8 ans suivis d'un intervalle de 121,5 ans, puis une autre paire de transits (au nœud opposé de Vénus) séparés de 8 ans suivis d’un intervalle de 105,5 ans. 
Il faut savoir que ce schéma 8 + 121,5 + 8 + 105,5 peut varier au cours des âges en raison d’un léger décalage existant entre la conjonction et l’axe des nœuds vénusiens. C’est ainsi que, parfois, il n’y a qu’un transit de Vénus au lieu de deux. Ce transit simple, qui se produit lorsque l’alignement Terre-Vénus se fait exactement sur les nœuds, appartient à ce que l’on appelle le Grand Cycle vénusien. Le dernier transit simple eut lieu en 60 après J.C. et le prochain aura lieu en 3956.

Les transits de Vénus se produisent donc généralement par paire en étant séparés de 8 ans parce que Vénus et la Terre s’alignent dans la même position avec le Soleil après que la Terre ait fait 8 fois le tour du Soleil et que Vénus ait fait quasiment 13 révolutions autour du Soleil. Vénus effectue une rotation autour du Soleil en 224,701 jours et la Terre en 365,256 jours. 

Il s’agit du cycle de 8 ans déjà évoqué selon lequel les conjonctions inférieures Soleil-Vénus dessinent une étoile à cinq branches dans le ciel. Mais après deux transits, Vénus arrive plus de 2 jours trop tôt à son rendez-vous avec la Terre, de sorte que les trois astres, la Terre, Vénus et le Soleil, ne sont plus du tout alignés ; il n’y a donc pas de troisième transit 8 ans plus tard.


Transits passés, futurs,

et observation par l’homme

En comptant celui du 6 juin 2012, huit transits de Vénus (quatre paires) ont eu lieu depuis l’invention du télescope par Galilée en 1609 :
- 7 décembre 1631 – 4 décembre 1639 ;
- 6 juin 1761 – 3 juin 1769 ;
- 9 décembre 1874 – 6 décembre 1882 ;
- 8 juin 2004 – 6 juin 2012.

Pourtant seulement sept auront été observés par l’homme. En effet, si Kepler avait prédit le transit de Vénus de 1631, il n’avait pas prévu qu’il ne serait pas visible dans la majeure partie de l’Europe ! 
La première observation d'un transit de Vénus fut donc faite par Jeremiah Horrocks en Angleterre, le 4 décembre 1639. Par la suite, les astronomes observèrent les transits de Vénus afin de calculer le plus précisément possible la valeur de l’unité astronomique destinée à mesurer la taille du système solaire. Pour cela ils employaient la méthode des parallaxes aujourd’hui dépassée par les techniques modernes (sondes spatiales et télémétrie radar) qui consiste à mesurer la différence de l’heure de début ou de fin du transit depuis des points très éloignés sur la surface de la Terre. A partir de l’écart obtenu, ils calculaient la distance Soleil-Vénus par triangulation. C’est ainsi que des expéditions scientifiques furent lancées aux quatre coins du globe, prélude à la future coopération scientifique internationale. 
Les prochaines paires de transits auront lieu les 11 décembre 2117 – 8 décembre 2125 et les 11 juin 2247 – 9 juin 2255.

Actuellement, et depuis que l’homme est capable de les observer, les transits de Vénus se font dans l’axe Gémeaux/Sagittaire car l’orbite de Vénus coupe le plan de l’orbite terrestre en juin et en décembre. Cela évolue au fil des âges car les nœuds avancent d’un degré tous les 113 ans environ. Ainsi l’axe des nœuds se situe en Bélier/Balance de 6600 à 3200 av. J.C ; en Taureau/Scorpion de 3200 av. J.C. à 200 ap. J.C. ; et en Gémeaux/Sagittaire de 200 à 3600 ap. J.C.  
Cette remarque est importante et nous invite finalement à nous interroger sur le sens symbolique et spirituel de ces transits de Vénus.


La paire de transits de Vénus de 2004-2012,
annonciatrice d’un changement de conscience planétaire ?

L’alignement Terre, Vénus, Soleil évoque respectivement la personnalité, le cœur et l’Etre. Ainsi, le chemin vers la réalisation du Soi passe par l’ouverture du cœur ou l’amour. Tel semble être le message du transit vénusien. 


L’axe Gémeaux/Sagittaire est l’axe du mental et de la connaissance, et beaucoup voient dans la paire de transits de 2004-2012 l’occasion d’un changement de conscience planétaire. Il faut cependant raison garder car depuis le début de l’ère chrétienne (à deux siècles près) les transits de Vénus ont lieu dans cet axe. Un transit de Vénus n’est donc pas une condition suffisante. 

Selon moi, c’est plutôt l’observation des transits par l’homme grâce à l’invention du télescope qui fut un événement de la plus haute importance au niveau de la conscience.
Il ne faut pas oublier que la Renaissance a marqué un tournant majeur en abandonnant la conception de la connaissance contemplative. Ce fut l’avènement de la rationalité et du « Moi », avec pour corollaire la naissance d’un homme nouveau : « l’intellectuel ». 
Les transits de Vénus ont servi à mesurer le système solaire en même temps que l’homme explorait la Terre et voyageait de plus en plus rapidement aux quatre coins du globe. La planète Terre rétrécissait à mesure que la conscience de l’homme s’ouvrait grâce à ses facultés d’abstraction, grâce aux mathématiques modernes principalement. Avant même qu’il ne pose les pieds sur la Lune (et quand bien même il ne l’aurait jamais fait), l’homme n’était déjà plus de ce monde. Comme Houdini, il s’était extrait de ses chaînes terrestres.




Depuis le XVIIème siècle, « la science nouvelle considère la nature terrestre du point de vue de l’univers » écrit Hannah Arendt dans « Condition de l’homme moderne ». Dorénavant, nous nous posons en êtres « universels » tout en demeurant sur Terre ; nous sommes passés du système héliocentrique à un système dénué de centre fixe en raison de la relativité générale. Et nous avons perdu l’amour du monde. Arendt souligne qu’ « A l’aube de l’époque moderne on ne trouve pas ce besoin de simplicité, d’harmonie et de beauté, ce rêve antique des astronomes (…). » 

Plus grave encore d’après elle, les deux cauchemars de la philosophie de Descartes sont devenus ceux de l’époque moderne. Dans l’un la réalité est mise en doute, réalité du monde et réalité de la vie humaine. Car ne pouvant nous fier ni aux sens ni à la raison tel que l’ont révélé les nouvelles découvertes, il faut bien admettre que ce que nous prenons pour le réel n’est peut-être qu’un rêve, une illusion. L’autre concerne cette nouvelle condition de l’homme qui en fait la créature d’un esprit malin plutôt que d’un Dieu maître de l’univers, car l’homme doté d’une notion du vrai reste à jamais incapable d’atteindre la moindre vérité, d’avoir la moindre certitude.

Oui, il est temps à nouveau d’un changement de conscience planétaire. Et selon mes calculs, nous aurions encore un peu moins de trois décennies pour que s’opère un grand bouleversement. L’espoir réside dans le fait que nous sommes entrés depuis le milieu de la Seconde Guerre mondiale dans une période, une fenêtre de temps, qui s’apparente à celle que l’homme a vécu avec le début de la Renaissance.


De l’ego et du mental conditionné 
au Moi authentique et à l’amour-sagesse afin de redonner un sens à la vie

En quoi pourrait bien consister ce changement de conscience ? A une ouverture du cœur qui mènera progressivement à un dépassement de l’ego, du mental conditionné qui aujourd’hui emprisonne l’homme dans un cercle vicieux et le maintient dans sa nature mortelle. 

Nous avons tous besoin de sortir de ce monde déshumanisé, absurde et violent, dans lequel nous sommes plongés. Nous avons besoin d’une nouvelle approche de la vie. 

Poursuivons dans notre méditation sur l’alignement Terre-Vénus-Soleil. 
Vénus est le régent ésotérique du Gémeaux et la Terre est le régent ésotérique du Sagittaire. Nous avons là un lien très fort entre Vénus et la Terre qui sont souvent qualifiées de sœurs jumelles et l’axe Gémeaux/Sagittaire dans lequel ont lieu depuis deux millénaires les transits de Vénus. 

De façon générale, l’axe Gémeaux/Sagittaire est considéré comme étant l’axe du mental et de la pensée, de la communication et de la connaissance. Ici le mot-clé est apprendre. 
L’intégration de l’axe veut que les connaissances mènent à la sagesse intuitive. L’information et les connaissances (Gémeaux) permettent de façonner un système de croyances (Sagittaire). Plus encore, c’est ainsi que l’homme donne du sens à ses expériences et les transmet aux autres, et surtout qu’il trouve une signification à l’existence. L’homme est la seule espèce sur Terre à donner du sens à l’univers et à la vie. 

Selon de nombreux mystiques, au stade d’évolution actuel de l’humanité, la vie sur Terre est une école d’apprentissage. 
Nous progressons grâce aux épreuves et à la souffrance car elles nous avertissent que nous nous sommes écartés du Réel, de la Vérité. Si nous souffrons, c’est que nous ne sommes plus accordés avec l’harmonie cosmique, avec notre nature originelle. La souffrance traduit l’écart entre ce que nous pensons (l’illusion) et ce qui est (la Réalité). Elle est une résistance à la Vérité. 
Les difficultés et la souffrance sont donc la preuve que nous vivons dans l’Illusion et elles sont pour nous autant d’occasions d’évoluer.

Mais qu’est-ce au juste que l’Illusion ? C’est vivre dans un monde-prison inventé par le mental conditionné, un monde irréel comme une névrose qui se superpose au Réel. Il s’agit d’un monde fait de couples d’opposés : les désirs et les craintes de l’ego.

Les situations et les expériences de la vie nous enseignent toujours ce que nous avons besoin d’apprendre. Nous apprenons par l’expérience directe. Chaque crise ou problème pointe un domaine de vie qui a besoin d’être guéri de l’illusion, de nos fausses croyances. Si nous résistons, nous serons blessés, déprimés, mais si nous acceptons, si nous disons « oui » à ce qui se présente à nous en pratiquant le détachement, alors nous serons enrichis ; nous ferons un pas de plus sur le chemin qui (ra-)mène à la Source. Au lieu de faire l’expérience de la dualité, nous ferons celle de l’unité de la vie et de sa bonté fondamentale. Car l’amour est le fondement de l’univers. L’amour guérit tout. C’est par l’ouverture du cœur que nous accédons à la conscience de soi équilibrée ou unifiée. Du conflit engendré par le « j’aime/je n’aime pas », par le « j’espère/je crains », nous évoluons vers l’Unité et la paix intérieure. Après l’ego, nous découvrons le Moi authentique, le Soi. Voilà toute l’aventure de la conscience.




Le Gémeaux symbolise la dualité, le couple d’opposés. Le Sagittaire ou centaure représente l’union de la part animale et de la part humaine dans l’homme ; une union ou synthèse qui tend vers un idéal, vers un dépassement ou une évolution. « L’homme est un pont et il est fait pour être traversé » dit Nietzsche. L’homme devient humain dans cette capacité à la transcendance qui, soulignons-le, relève de son libre choix.

Dans le Tarot, l’arcane VI - Les Amoureux est associé au Gémeaux et l’arcane XIV - Tempérance est associé au Sagittaire. 

Dans l’image des Amoureux du Rider-Waite-Smith Tarot ne retrouvons nous pas l’alignement Terre-Vénus-Soleil propre au transit de Vénus ?
- La Terre est représentée par la Nature, par Adam et Eve dans un jardin (le jardin d’Eden ?) où se trouvent l’arbre de Vie et l’arbre de la Connaissance du Bien et du Mal ;
- Vénus est représentée par l’ange, Eros dans le Tarot de Marseille et peut-être l’archange Raphaël dans le RWS. 
C’est l’amour qui guérit le péché, le mot « péché » venant du grec hamartia qui signifie viser et rater sa cible. Etre en état de péché consiste à être dans un état de désir désorienté, à ne pas être tourné vers la Lumière et la vie, et donc à avoir perdu son arbre de vie au profit de celui de la dualité (attraction/répulsion ; plaisir/souffrance).
C’est l’amour qui unit ou réunit les opposés, mâle et femelle. Dans la nature, l’attraction sexuelle ou attraction des opposés sert d’abord la procréation et la continuité de la vie, mais c’est aussi un moyen de vaincre la sensation de séparation et d’isolement pour retrouver l’unité originelle. Il est dit dans les textes sacrés de nombreuses traditions qu’avant la génération physique régnait l’androgynie. C’est donc cette nostalgie, illustrée ici par l’ange, qui rapprocherait les êtres et qui serait au final une occasion de nous ouvrir à l’amour par delà le sexe ;
- quant au Soleil dans lequel se tient l’ange, il symbolise la Lumière, le Logos solaire créateur de toute vie. A travers l’amour, c’est donc la Volonté du Logos solaire qui est transmise à la planète Terre. Ne dit-on pas que Dieu est amour ?

L’arcane XIV - Tempérance évoque la possibilité de combiner des éléments de la vie par nature différents, y compris ceux de la personnalité. L’ange est le Moi authentique puisque grâce à l’amour nous avons retrouvé la sensation d’unité. Nous sommes guéris du péché. Le chemin qui mène au Soleil au-dessus des montagnes est le chemin du retour à la Source. Les opposés mâle et femelle représentés dans l’arcane VI sont devenus dans l’image de Tempérance un hermaphrodite, un ange asexué. Certains voient dans l’arcane XIV l’archange Mickaël, celui qui a vaincu Satan « l’adversaire », celui qui remporte la victoire contre l’ego. Le glyphe du Soleil dessiné sur le front symbolise bien la conscience de soi unifiée qui relève du niveau chakrique solaire ou soli-lunaire dans le système du kriya-yoga ; la dualité et la sensation de séparation propres au mental conditionné, à l’ego, ont été dépassés.


La conception moderne du monde qui veut que celui-ci soit dénué de centre a conduit l’homme à vivre dans l’absurdité et dans le chaos. Or, une vie dépourvue de centre est une vie dépourvue de sens. 
De nombreuses traditions associent le centre au cœur car c’est en étant centré dans le cœur que l’homme retrouvera le contact non seulement avec tout ce qui existe mais aussi avec la Source. Le cœur est encore le siège de la conscience, contrairement à ce que la majorité des scientifiques affirme en pointant plutôt le cerveau mais sans jamais le démontrer. 
On comprend donc combien l’enjeu qui consiste dans l’époque actuelle à valoriser le cœur ou l’amour est immense.

A suivre…

Isabelle Cantin -
Hridaya / Tous droits réservés / juin 2012



22 mai 2012

Le maître est celui qui se laisse porter par le courant



« Fishing Journey » de l’artiste chinois Don Hong-Oai (1929-2004)


Pour l’étude
Tous les jours un peu plus
Pour la Voie
Tous les jours un peu moins

De moins en moins jusqu’au non-agir
Au non-agir et rien qui ne se fasse

L’Empire échoit toujours aux hommes de loisir
Un homme qui s’affaire est impropre à l’Empire


Lao Tseu, « Tao Te King », chap. 48,
traduction du Père Claude Larre,
Desclée de Brouwer, 2010.


17 avril 2012

Uranus-Pluton : activisme populaire et populisme


Uranus, la planète découverte en 1781 au moment des grandes révolutions et de la culmination du mouvement philosophique, culturel et scientifique des Lumières, transite depuis mars 2011 le Bélier qui est le signe du « printemps » et du renouveau, de l’indépendance et de l’activisme. Pluton, découvert en 1930 et relié au principe de mort/renaissance, à la volonté de pouvoir et aux instincts primordiaux, transite le Capricorne de 2008 à 2023, un transit qui correspond à l’effondrement et à la transformation des structures de la société, plus précisément des systèmes politiques et financiers qui sont dégénérés et corrompus. 


Avec le carré croissant entre ces deux planètes collectives, exact de 2012 à 2015 et qui est en orbe de 2007 à 2020, autant dire que nous vivons une période exceptionnelle durant laquelle de puissantes énergies radicales sur lesquelles nous n’avons aucun contrôle s’activent l’une l’autre et interagissent. L’univers étant un immense champ unifié, une matrice énergétique dans laquelle nous sommes contenus, cette « géométrie » planétaire nous impacte tous directement. C’est ainsi que sur la Terre de grandes masses de population sont mues comme des marionnettes et répondent par la même à une économie cosmique qui nous échappe largement. Mais ceci est une autre histoire…

S’agissant de cet article, et alors que se dessinent des élections ou des changements politiques majeurs au sein de plusieurs pays ayant du poids sur l’échiquier mondial, j’aimerais revenir sur certains événements intervenus au moment de la crise financière de 2008 et qui se sont intensifiés en 2011 ; des événements qui traduisent la montée au sein des populations de forces contestataires soit conservatrices, soit révolutionnaires et émancipatrices, tels l’apparition du Tea Party aux Etats-Unis, la montée de l’islamophobie dans de nombreux pays européens, le Printemps arabe, l’émergence sensible de la contestation en Chine et en Russie, ainsi que les mouvements des Indignés et de l’OWS (Occupy Wall Street) très actifs dans les réseaux sociaux.

Ce à quoi nous assistons est une montée en voix des populations mécontentes. Partout sur le globe et amplifiée par la puissance d’Internet, la contestation est en marche et se fait entendre. Mais il faut selon moi faire la différence entre deux types de contestation : l’une populaire et l’autre populiste. Comme un curieux mélange des années 1930 et des années 1960.

Comment agit le complexe Uranus-Pluton

Lors de chacune des phases du cycle Uranus-Pluton — comme pour tout autre cycle planétaire —, les archétypes associés à chacune des deux planètes s’activent et s’influencent mutuellement.

Uranus —> Pluton : Uranus libère ou éveille ce qui vient des profondeurs, ce qui est refoulé, les instincts primordiaux, libidinaux, agressifs, destructeurs et transformateurs. 
Pluton ­—> Uranus : Pluton donne du pouvoir et intensifie le principe prométhéen de rébellion et de liberté, d’émancipation, d’innovation et d’éveil.

De surcroît, selon l’astrologue et historien Richard Tarnas :
- le principe prométhéen associé à Uranus agit en libérant ou en éveillant soudainement ce qu’il touche avec des conséquences inattendues, déstabilisantes, novatrices et émancipatrices ;
- le principe dionysiaque nietzschéen associé à Pluton agit en donnant du pouvoir et en intensifiant ce qu’il touche avec des conséquences profondément transformatrices et parfois accablantes et destructrices.

Uranus-Pluton : deux types de contestation

Alors que les manifestations des Indignés ou de l’OWS se revendiquant pour une large part du Printemps arabe rappellent celles des années 1960, la montée des partis populistes d’extrême droite ou d’extrême gauche soutient quant à elle la comparaison avec les années 1930.En schématisant, nous avons l’éveil des consciences et la créativité d’un côté (Uranus), et de l’autre le ressentiment et le replis identitaire conservateur (Pluton).

Dans les années 1930, les mouvements fascistes ont mobilisé les masses. Ils s’adressaient à tous ceux qui se considéraient comme les oubliés ou les victimes du système et prônaient une transformation de la société en mettant l’accent sur des valeurs conservatrices.
Le trouble vient de ce que ces mouvements empruntaient certains éléments aux mouvements révolutionnaires. Ils attiraient à eux des personnes qui souhaitaient vraiment une refonte complète de la société, et souvent avec une composante anti-oligarchique et anti-capitaliste. C’est ainsi que le parti nazi se déclarait national-socialiste.
Mais il n’y avait guère d’appel à la liberté et à l’émancipation. Tout au contraire, il s’agissait d’un retour en arrière vers l’instinct grégaire et les valeurs traditionnelles au rang desquelles l’autorité et le paternalisme arrivent en première place puisqu’il faut dans le même temps favoriser le culte d’une figure charismatique, d’un chef.




Le populisme se nourrit du ressentiment des petits au sens nietzschéen du terme, c’est-à-dire lorsque la rancune des médiocres ou des ratés s’exerce sous le couvert de la morale. Il met en cause une élite ou de petits groupes d’intérêts particuliers qu’il accuse d’avoir confisqué le pouvoir et dans le même temps il s’attaque aux libertés de l’Etat de droit. 
Le populisme est globalement hostile à la culture moderne et il dénonce l’émancipation (la liberté sexuelle, le droit à l’avortement, etc.). 
Il part également du principe que la cohésion d’une société, c’est son identité, laquelle est définie négativement. Autrement dit, on stigmatise ceux qu’il faut exclure, généralement selon des critères raciaux et ethniques ou religieux : les immigrés, les Noirs, les Juifs, les Arabes et l’Islam…

Finalement, ce que le populisme rejette, ce sont justement les idées des Lumières et de la Révolution française : la liberté, l’égalité et la fraternité.

Le maître et l’esclave forment un couple indissociable. Tout autre est le cas de figure d’hommes et de femmes qui sont acteurs et responsables de leur vie. Ce sont des individus à part entière qui s’assument complètement. 
Voilà toute la différence. Voilà aussi le grand enjeu des années à venir. Passer du statut d’esclave ou de victime à celui d’adulte autonome et responsable, quelque soit sa contribution à la société, son statut et sa réussite. 
N’est-ce pas l’un des grands thèmes de la conjonction Uranus-Pluton de 1965-66 dans le signe de la Vierge ? Révolutionner et transformer les mentalités, celle des classes populaires et des minorités, mais plus largement celle des 99,9% qui sont dominés et exploités par les 0,1% des maîtres du monde qui, cela va de soit, sont aussi les plus riches. Mais l’argent n’est qu’un moyen. Ne nous y trompons pas, le but suprême est le pouvoir satanique : la main mise complète sur le monde.

Les exemples du Tea Party et des mouvements des Indignés et de l’OWS

Le Tea Party dont le nom fait référence à la Tea Party de Boston, un événement qui s’est déroulé lors de la révolution américaine à la fin du XVIIIème siècle, est un mouvement politique contestataire apparu au début de la présidence d’Obama et dans le contexte de la crise de 2008. 

Il a pris naissance lors de manifestations organisées contre les plans de sauvetage du secteur bancaire, puis contre la réforme de santé. Il s’oppose à l’Etat fédéral et ses impôts (TEA étant l’abréviation de « Taxed Enough Already »), et réclame un retour à l’esprit des Pères fondateurs ! 
Le Tea Party, qui rassemble notamment des déçus de la société, des partisans de la peine de mort, mais aussi des opposants à l’avortement et des défenseurs de la liberté individuelle, est une mouvance hétéroclite en dehors des partis traditionnels et qui ne se prive pas de grappiller de nombreuses voix aux républicains. Car il s’agit d’un parti populiste, ultra-conservateur et rétrograde, dont les attaques portent aussi très souvent sur les origines métissées du président Obama.

A l’inverse du Tea Party, les mouvements des Indignés et de l’OWS relèvent plutôt de l’activisme populaire. Sans hiérarchie entre les participants, ils appellent de façon non violente à la désobéissance civile et ne sont liés à aucun parti politique ou organisation syndicale. Car justement ce qu’ils dénoncent est le manque de représentativité des systèmes politiques alliés du capitalisme financier.




Le mouvement des Indignés est une série de manifestations spontanées initiées sur les réseaux sociaux et apparues en Espagne à partir du 15 mai 2011. Son nom est inspiré du titre du manifeste « Indignez-vous ! » de Stéphane Hessel et il se revendique du Printemps arabe ainsi que des manifestations anti-gouvernementales liées à la crise qui se sont déroulées en Islande et en Grèce en 2008, puis au Portugal en mars 2011. Ce mouvement a pris une ampleur internationale et une journée mondiale de tous les Indignés a été organisée le 15 octobre 2011.

De leur côté et au cours de l’été 2011, la fondation/magazine Adbusters (1989) ainsi que le collectif Anonymous (2006), qui sont des réseaux d’activistes défendant des causes anti-consuméristes ou anti-capitalistes, ont appelé à manifester contre Wall Street le 17 septembre 2011. Cet appel a été suivi par un millier de personnes manifestant dans les environs de Wall Street avant d’organiser un sit-in dans un parc voisin pendant plusieurs semaines. Le 9 octobre, le mouvement OWS (« Occupy Wall Street ») s’est étendu à l’ensemble des Etats-Unis, puis le 15 octobre à l’ensemble du monde (1500 villes dans 82 pays) en se joignant à tous les Indignés. Les 14 et 15 novembre, les manifestants ont été définitivement expulsés par la police de New-York. Depuis lors, le mouvement survit sur les réseaux sociaux et par des actions ponctuelles.

Ces protestataires pointent un système généralisé qui est devenu plus une ploutocratie et une oligarchie qu’une démocratie. 
Dans ce système, les marchés financiers, les banques et les multinationales font la loi et les échanges ne sont plus fondés sur l’économie réelle mais sur une gigantesque « économie casino ». Les inégalités de revenus entre les super-riches qui en profitent et le reste de la population souffrant d’un chômage de masse devenu structurel sont de plus en plus décomplexées. Et alors même que le sauvetage des banques s’est fait en 2008 avec des fonds publics, transférant ainsi par un tour de passe-passe la dette privée pourrie sur le dos des Etats et des contribuables, les dépenses sociales sont quant à elles par temps de crise de plus en plus diabolisées et revues à la baisse. 
Aussi, les manifestants proclament-ils en une phrase : « Nous sommes les 99% qui ne tolèrent plus l’avidité et la corruption des 1% restant » !

Apparus en 2011 avec l’ingrès d’Uranus en Bélier et alors que le carré Uranus-Pluton était seulement à un degré d’exactitude, ces mouvements sont appelés à perdurer et à se déployer, et peut-être aussi seront-ils amenés à se renouveler les années qui viennent. Car la série de sept carrés exacts laisse penser que nous ne sommes qu’au début d’une période de crise et de transformation profonde doublée, espérons-le, d’une grande créativité.

En 2012, la tenue d’élections présidentielles ou législatives dans plusieurs grands pays (Etats-Unis, France, Russie, Ukraine, Islande, Finlande, Iran, Egypte, etc.) a pour l’instant tendance à réanimer les vieux clivages bipolaires (droite/gauche, réformistes/conservateurs), ce qui fait toujours prospérer les partis politiques et empêche tout éveil. Mais après, tout sera de nouveau ouvert, surtout si les taux d’abstention sont élevés.

Le cas (désespéré ?) de la France

« L’histoire du XXe siècle nous a déjà montré qu’une société confrontée à une situation économique difficile a le choix entre l’affrontement socio-économique et la désignation de boucs émissaires ethniques ou religieux. Des variables anthropologiques plus profondes que l’économie en décident. Dans une même période, des sociétés parvenues à des niveaux de développement équivalents peuvent prendre des voies différentes. » écrit Emmanuel Todd dans « Après la démocratie ».

Qu’en sera-t-il aujourd’hui et demain ? Le cas de la France est très intéressant à observer, surtout en période d’élections présidentielles.

Appartenant au groupe des trois nations (avec l’Angleterre et les Etats-Unis) au sein desquelles fut conçue la démocratie représentative moderne, c’est elle qui a porté le principe d’égalité le plus loin pour des raisons anthropologiques. La règle d’héritage égalitaire au sein de la famille dominait dans la France du Nord et ce principe d’égalité des enfants fut étendu aux hommes en général, explique Emmanuel Todd. 
Pourtant l’attitude de la France fut plus qu’ambiguë face à l’Allemagne nazie puisque sa collaboration dans la déportation des Juifs fut volontaire, sans parler de cette « France moisie » qui se porte toujours très bien. Alors, que croire ?

Force est de constater que le mouvement des Indignés dénonçant le système économique global ne prend pas en France. Et cela pose question. Soit nous pratiquons tous le déni face à la crise, soit il n’y a vraiment aucune compréhension du système qui dirige la planète ou pire aucune envie d’en changer.

Les sondages révèlent donc qu’une grande partie de la population française est séduite par les extrêmes populistes. Avec d’un côté le retour des vieux discours communistes et de la lutte des classes, et de l’autre la montée du Front national. Deux extrêmes rétrogrades bâtis sur une thématique inégalitaire et non-fraternelle : le rejet des « élites » et la stigmatisation haineuse du « riche » et/ou de l’étranger. 
Pauvre France à laquelle il ne faut jamais grand chose pour réveiller ses plus bas instincts !

Nous avons échappé à un riche satyre, socialiste et patron du FMI, mais nous n’échapperons pas (sauf coup de théâtre) à une alliance des socialistes et des communistes comme en 1981 ; ces socialistes qui renoncèrent en 1983 à leurs engagements, trahirent leurs valeurs, et mirent en œuvre toutes les thèses néo-libérales. Les mêmes, n’en doutons pas, finiront par mettre en place les mesures de rigueur prônées par cette idéologie dominante, des mesures que Sarkozy, comble de l’ironie, n’aura pas imposées au peuple français.

Le salut se situe, bien sûr, en dehors des partis politiques, lesquels ne font que reproduire le système actuel parce qu’ils s’en nourrissent comme des parasites. 
Le temps des idéologies, le temps du bla-bla à la Bastille ou à la Concorde est révolu. 
Car le salut réside dans l’éveil des consciences et dans le changement des comportements individuels. 
Mais voilà, cela suppose un effort personnel, cela suppose de se considérer comme un individu responsable. 
Et puis franchement, s’indigner c’est bien, mais ce n’est qu’un tout petit début ; s’indigner d’abord contre soi-même, c’est beaucoup mieux car « nous sommes le monde ». 
Décidément, tous nous dormons encore et il devient urgent de nous réveiller.

Isabelle Cantin -
Hridaya / Tous droits réservés / avril 2012


21 mars 2012

1965 et 2011-2012 : rétrogradation de Mars en Vierge


Du fait de sa rétrogradation, Mars transite actuellement en Vierge pour une période exceptionnellement longue, de l’automne 2011 à l’été 2012, et si l’on décide de s’intéresser aux dernières rétrogradations de la planète dans ce signe, on recense alors plusieurs années : 1997, 1995, 1965 et 1950.


Cela n’a rien de surprenant en soi puisque parmi les années-clés du cycle Soleil-Mars, nous avons notamment 15, 32 et 47 ans, puis 79, 126 et 205 ans. Autrement dit, tous les 15, 32 et 47 ans la conjonction Soleil-Mars se forme à des positions relativement proches, sachant que plus le nombre d’années est élevé plus la précision sera importante. En 1964, la conjonction a eu lieu à 27°24 Verseau, en 1997 à 14°17 Poissons et en 2011 à 15°30 Verseau.

Si je reviens à ma sélection de départ, je remarque qu’en 1997 et 1950, la rétrogradation s’est faite à la fois en Vierge et en Balance, quant à 1995 Mars rétrograda surtout dans le signe du Lion et ne transita que trois degrés en Vierge. Finalement, seule la rétrogradation de l’année 1965 a eu lieu complètement dans le signe, comme aujourd’hui.
Evidemment cela doit nous interpeler puisque nous avons au cours de ces deux périodes un aspect Uranus-Pluton : en 1965-66 la conjonction et en 2012 le carré croissant.

En détaillant le cycle de rétrogradation de 1965 et en se penchant sur les événements concomitants, il apparaît que le transit de Mars en Vierge a coïncidé avec l’éveil de puissantes énergies collectives : celles de la conjonction Uranus-Pluton à 16-17° Vierge qui s’est formée à trois reprises : le 9 octobre 1965, le 5 avril et le 1er juillet 1966.
N’oublions pas toutefois que cette conjonction est active pendant toute la décennie des années 1960 (orbes larges) qui ont connu un climat sans pareille de créativité, de découvertes révolutionnaires, ainsi que d’émancipation et de remise en cause des traditions. 
Dans le signe de la Vierge, ce sera l’invention de l’ordinateur, et plus encore l’essor de la société technicienne ou plutôt la société techno-capitaliste avec sa nouvelle caste de dirigeants tous puissants, les technocrates issus des grandes écoles — en France, du type Polytechnique, ENA, Centrale, les Mines, HEC, etc. ; ce sera aussi la transformation des mentalités, avec notamment la libération sexuelle, la renaissance du féminisme, la culture jeune, le rejet de la société de consommation, et surtout la révolte des minorités et des opprimés de tous les coins du globe. Dès 1964, les pays du Tiers-Monde commencent à faire entendre leur voix et à dénoncer les échanges inégaux entre les pays riches et les pays pauvres.

La rétrogradation de Mars en Vierge qui nous intéresse ici évoque pour sa part le mécontentement des classes populaires, des travailleurs, ainsi que la colère des oubliés du progrès économique et de la société. Par analogie avec la maison VI, ce sont également les manœuvres militaires. 

La planète Mars a transité le signe de la Vierge de novembre 1964 à juillet 1965. Cycle de rétrogradation du 23 novembre 1964 au 25 juin 1965. Station rétrograde le 28 janvier 1965 à 28°03 Vierge ; station directe le 19 avril à 8°43 Vierge. Opposition Soleil-Mars le 9 mars à 18°44 Poissons/Vierge.





L’année 1964 a connu le début des raids aériens américains sur le Vietnam du Nord, mais c’est au mois d’août 1964, au prétexte d’incidents dans le golfe du Tonkin, que le président américain Lyndon B. Johnson entame véritablement la guerre du Vietnam qui va durer plus de dix ans ; une guerre affreuse qui s’inscrit dans le cadre de l’affrontement avec le bloc de l’Est et la Chine. 

Bien sûr, il y eut la contestation pacifique avec les manifestations contre la guerre du Vietnam et le « Flower Power » né à Berkeley (Californie). Ce mouvement, qui fut suggéré par Allen Ginsberg dès novembre 1965 dans son essai « How to make a March/Spectacle », fleurira partout durant le fameux Summer of Love de 1967 et deviendra l’un des ressorts idéologiques de la contre-culture des années 1960-70. 
Ce furent aussi les marches pour la revendication des droits civiques des Afro-Américains, mais aussi plus largement de toute personne vivant aux Etats-Unis. Ces marches furent violemment réprimées par les policiers et décriées par une part raciste de la population.

Les événements qui entourent l’opposition Soleil-Mars du 9 mars 1965 — l’opposition constituant le point culminant et illuminateur du cycle de rétrogradation ­— sont édifiants : 
- le 8 mars voit l’arrivée de 3500 marines au Vietnam du Sud, les premières troupes de combat au sol ;
- les 7 et 9 mars ont lieu deux des trois célèbres marches de Selma à Montgomery (Alabama) qui ont marqué un tournant dans la lutte des droits civiques. Le 7 mars restera dans les mémoires comme étant le « Bloody Sunday » (« Dimanche sanglant ») américain : 600 défenseurs des droits civiques qui souhaitaient présenter leurs doléances au moyen d’une marche pacifique de Selma jusqu’à Montgomery, la capitale de l’état, furent attaqués par la police  locale et une foule hostile qui les attendaient au pont Edmund Pettus. Le 9 mars, Martin Luther King organise une seconde marche jusqu’au pont. Quant à la troisième marche, elle aura lieu du 21 au 25 mars et s’achèvera par le discours de Martin Luther King « How Long, Not Long ». Ce même jour, la militante blanche Viola Liuzzo sera assassinée par des membres du Ku Klux Klan alors qu’elle ramenait des marcheurs dans sa voiture. 
Quelques mois après ces événements tragiques, le 6 août 1965, la loi du Congrès des Etats-Unis accordant le droit de vote sans restriction (Voting Rights Act) sera signée par Lyndon Johnson. La planète Mars avait terminé son transit dans le signe de la Vierge et transitait alors le signe de la Balance.

Les années 1964 et 1965 ne furent donc pas en reste de violence. Violence armée d’un côté et de l’autre violence contestataire. 

En octobre 1965, précisément au moment de la première conjonction Uranus-Pluton, eurent lieu les premiers combats terrestres entre les Américains et les soldats de la République du Vietnam du Nord. Les choses très sérieuses débutaient. 
Dans le même temps, sur l’autre rive du Pacifique, les premiers signes de la Grande Révolution Culturelle étaient déjà perceptibles. Comme chacun sait, elle permit à Mao de s’emparer du pouvoir grâce à la jeunesse et avec l’appui de l’armée, en lançant le mouvement anarchique des jeunes « Gardes rouges » contre la direction du parti et les intellectuels. 

Un vent de révolte commençait à souffler partout.


Des émeutes raciales (1964-1968) éclataient à travers tous les Etats-Unis. 

Elles permirent d’attirer l’attention sur la situation des laissés-pour-compte du système, à savoir les minorités (Afro-américains, Indiens, Hispano-Américains, etc.) écartées des droits et de la croissance économique dans un pays démocratique pourtant fondé sur le principe de l’égalité entre les citoyens. En dépit des avancées juridiques importantes concédées par le gouvernement fédéral, telles la loi du 2 juillet 1964 qui avait rendu illégale toute discrimination en matière de race, de religion et de sexe ou encore le Voting Rights Act de 1965, elles s’amplifièrent à l’été 1966 et donnèrent naissance au fameux « Black Power ». En avril et en juillet 1966 se reformait l’aspect exact Uranus-Pluton, avec au total trois conjonctions. 



En Amérique-latine et au Moyen-Orient, la révolte prit la forme de la guérilla puis du terrorisme. 
En 1964-65 Che Guevara s’insurge contre l’exploitation des pays du Tiers-Monde par les deux blocs de la guerre froide et prône partout l’extension de la révolution contre l’impérialisme. Après sa mort en octobre 1967, il deviendra l’icône des révolutionnaires du monde entier. 
En mai 1964 est créée l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) qui va imposer sa marque à partir de 1967, date à laquelle la supériorité militaire d’Israël éclate au grand jour face à l’humiliation des pays arabes.


En raison de la rétrogradation, Mars a transité trois fois les degrés 16-17 de la conjonction Uranus-Pluton de 1965-66, et pour chacune de ces périodes, nous relevons des événements particuliers. 
Du 9 au 14 décembre 1964 : le 10 décembre Martin Luther King est Prix Nobel de la Paix pour avoir mené une résistance non-violente afin d’éliminer les préjudices raciaux aux Etats-Unis ; le 11 décembre Che Guevara s’adresse à l’Assemblée Générale des Nations Unies pour dénoncer la politique étrangère américaine. Non-violence d’un côté et guérilla/terrorisme de l’autre… 
Du 11 au 16 mars 1965 : nous nous situons dans la période des marches de Selma et le 11, le pasteur James Reeb, un unitarien universaliste blanc très engagé dans le mouvement des droits civiques, décède de ses blessures après avoir été battu par des ségrégationnistes blancs alors qu’il prenait part à l’une des marches. 
Du 30 mai au 4 juin 1965 : le 2 juin les premières troupes canadiennes arrivent au Vietnam du Sud. 





Quel embrasement des consciences que ces années 1960 ! Révolution contre l’ordre établi, aspiration à la liberté. C’était la contestation de l’hégémonie de l’homme blanc occidental avec pour conséquence malheureuse l’éclosion de la guérilla et du terrorisme. C’était la crise de confiance en la démocratie avec pour corolaire la montée de l’activisme populaire. C’était la guerre aussi, avec l’affrontement larvé entre le bloc de l’Ouest d’un côté et de l’autre le bloc de l’Est et la Chine.

Sans surprise à l’approche du carré croissant Uranus-Pluton doublé du long transit de Mars en Vierge, nous baignons aujourd’hui dans une ambiance reflétant pour la première fois le retour de ces énergies radicales et de leurs thématiques associées.

Le 24 juin 2012 aura lieu le premier carré d’une série de sept jusqu’en mars 2015. Or, du 6 au 11 juin 2012 Mars transite les degrés de la conjonction de 1965-66 et le 6 exactement est le jour du fameux transit de Vénus à 15°45 Gémeaux, soit au carré de la conjonction ! Le mois de juin 2012 est donc placé sous haute tension. 
En clair, nous n’en sommes qu’aux prémices. 

Isabelle Cantin - Hridaya / Tous droits réservés / mars 2012