22 mai 2012

Le maître est celui qui se laisse porter par le courant



« Fishing Journey » de l’artiste chinois Don Hong-Oai (1929-2004)


Pour l’étude
Tous les jours un peu plus
Pour la Voie
Tous les jours un peu moins

De moins en moins jusqu’au non-agir
Au non-agir et rien qui ne se fasse

L’Empire échoit toujours aux hommes de loisir
Un homme qui s’affaire est impropre à l’Empire


Lao Tseu, « Tao Te King », chap. 48,
traduction du Père Claude Larre,
Desclée de Brouwer, 2010.


17 avril 2012

Uranus-Pluton : activisme populaire et populisme


Uranus, la planète découverte en 1781 au moment des grandes révolutions et de la culmination du mouvement philosophique, culturel et scientifique des Lumières, transite depuis mars 2011 le Bélier qui est le signe du « printemps » et du renouveau, de l’indépendance et de l’activisme. Pluton, découvert en 1930 et relié au principe de mort/renaissance, à la volonté de pouvoir et aux instincts primordiaux, transite le Capricorne de 2008 à 2023, un transit qui correspond à l’effondrement et à la transformation des structures de la société, plus précisément des systèmes politiques et financiers qui sont dégénérés et corrompus. 


Avec le carré croissant entre ces deux planètes collectives, exact de 2012 à 2015 et qui est en orbe de 2007 à 2020, autant dire que nous vivons une période exceptionnelle durant laquelle de puissantes énergies radicales sur lesquelles nous n’avons aucun contrôle s’activent l’une l’autre et interagissent. L’univers étant un immense champ unifié, une matrice énergétique dans laquelle nous sommes contenus, cette « géométrie » planétaire nous impacte tous directement. C’est ainsi que sur la Terre de grandes masses de population sont mues comme des marionnettes et répondent par la même à une économie cosmique qui nous échappe largement. Mais ceci est une autre histoire…

S’agissant de cet article, et alors que se dessinent des élections ou des changements politiques majeurs au sein de plusieurs pays ayant du poids sur l’échiquier mondial, j’aimerais revenir sur certains événements intervenus au moment de la crise financière de 2008 et qui se sont intensifiés en 2011 ; des événements qui traduisent la montée au sein des populations de forces contestataires soit conservatrices, soit révolutionnaires et émancipatrices, tels l’apparition du Tea Party aux Etats-Unis, la montée de l’islamophobie dans de nombreux pays européens, le Printemps arabe, l’émergence sensible de la contestation en Chine et en Russie, ainsi que les mouvements des Indignés et de l’OWS (Occupy Wall Street) très actifs dans les réseaux sociaux.

Ce à quoi nous assistons est une montée en voix des populations mécontentes. Partout sur le globe et amplifiée par la puissance d’Internet, la contestation est en marche et se fait entendre. Mais il faut selon moi faire la différence entre deux types de contestation : l’une populaire et l’autre populiste. Comme un curieux mélange des années 1930 et des années 1960.

Comment agit le complexe Uranus-Pluton

Lors de chacune des phases du cycle Uranus-Pluton — comme pour tout autre cycle planétaire —, les archétypes associés à chacune des deux planètes s’activent et s’influencent mutuellement.

Uranus —> Pluton : Uranus libère ou éveille ce qui vient des profondeurs, ce qui est refoulé, les instincts primordiaux, libidinaux, agressifs, destructeurs et transformateurs. 
Pluton ­—> Uranus : Pluton donne du pouvoir et intensifie le principe prométhéen de rébellion et de liberté, d’émancipation, d’innovation et d’éveil.

De surcroît, selon l’astrologue et historien Richard Tarnas :
- le principe prométhéen associé à Uranus agit en libérant ou en éveillant soudainement ce qu’il touche avec des conséquences inattendues, déstabilisantes, novatrices et émancipatrices ;
- le principe dionysiaque nietzschéen associé à Pluton agit en donnant du pouvoir et en intensifiant ce qu’il touche avec des conséquences profondément transformatrices et parfois accablantes et destructrices.

Uranus-Pluton : deux types de contestation

Alors que les manifestations des Indignés ou de l’OWS se revendiquant pour une large part du Printemps arabe rappellent celles des années 1960, la montée des partis populistes d’extrême droite ou d’extrême gauche soutient quant à elle la comparaison avec les années 1930.En schématisant, nous avons l’éveil des consciences et la créativité d’un côté (Uranus), et de l’autre le ressentiment et le replis identitaire conservateur (Pluton).

Dans les années 1930, les mouvements fascistes ont mobilisé les masses. Ils s’adressaient à tous ceux qui se considéraient comme les oubliés ou les victimes du système et prônaient une transformation de la société en mettant l’accent sur des valeurs conservatrices.
Le trouble vient de ce que ces mouvements empruntaient certains éléments aux mouvements révolutionnaires. Ils attiraient à eux des personnes qui souhaitaient vraiment une refonte complète de la société, et souvent avec une composante anti-oligarchique et anti-capitaliste. C’est ainsi que le parti nazi se déclarait national-socialiste.
Mais il n’y avait guère d’appel à la liberté et à l’émancipation. Tout au contraire, il s’agissait d’un retour en arrière vers l’instinct grégaire et les valeurs traditionnelles au rang desquelles l’autorité et le paternalisme arrivent en première place puisqu’il faut dans le même temps favoriser le culte d’une figure charismatique, d’un chef.




Le populisme se nourrit du ressentiment des petits au sens nietzschéen du terme, c’est-à-dire lorsque la rancune des médiocres ou des ratés s’exerce sous le couvert de la morale. Il met en cause une élite ou de petits groupes d’intérêts particuliers qu’il accuse d’avoir confisqué le pouvoir et dans le même temps il s’attaque aux libertés de l’Etat de droit. 
Le populisme est globalement hostile à la culture moderne et il dénonce l’émancipation (la liberté sexuelle, le droit à l’avortement, etc.). 
Il part également du principe que la cohésion d’une société, c’est son identité, laquelle est définie négativement. Autrement dit, on stigmatise ceux qu’il faut exclure, généralement selon des critères raciaux et ethniques ou religieux : les immigrés, les Noirs, les Juifs, les Arabes et l’Islam…

Finalement, ce que le populisme rejette, ce sont justement les idées des Lumières et de la Révolution française : la liberté, l’égalité et la fraternité.

Le maître et l’esclave forment un couple indissociable. Tout autre est le cas de figure d’hommes et de femmes qui sont acteurs et responsables de leur vie. Ce sont des individus à part entière qui s’assument complètement. 
Voilà toute la différence. Voilà aussi le grand enjeu des années à venir. Passer du statut d’esclave ou de victime à celui d’adulte autonome et responsable, quelque soit sa contribution à la société, son statut et sa réussite. 
N’est-ce pas l’un des grands thèmes de la conjonction Uranus-Pluton de 1965-66 dans le signe de la Vierge ? Révolutionner et transformer les mentalités, celle des classes populaires et des minorités, mais plus largement celle des 99,9% qui sont dominés et exploités par les 0,1% des maîtres du monde qui, cela va de soit, sont aussi les plus riches. 

Les exemples du Tea Party et des mouvements des Indignés et de l’OWS

Le Tea Party dont le nom fait référence à la Tea Party de Boston, un événement qui s’est déroulé lors de la révolution américaine à la fin du XVIIIème siècle, est un mouvement politique contestataire apparu au début de la présidence d’Obama et dans le contexte de la crise de 2008. 

Il a pris naissance lors de manifestations organisées contre les plans de sauvetage du secteur bancaire, puis contre la réforme de santé. Il s’oppose à l’Etat fédéral et ses impôts (TEA étant l’abréviation de « Taxed Enough Already »), et réclame un retour à l’esprit des Pères fondateurs ! 
Le Tea Party, qui rassemble notamment des déçus de la société, des partisans de la peine de mort, mais aussi des opposants à l’avortement et des défenseurs de la liberté individuelle, est une mouvance hétéroclite en dehors des partis traditionnels et qui ne se prive pas de grappiller de nombreuses voix aux républicains. Car il s’agit d’un parti populiste, ultra-conservateur et rétrograde, dont les attaques portent aussi très souvent sur les origines métissées du président Obama.

A l’inverse du Tea Party, les mouvements des Indignés et de l’OWS relèvent plutôt de l’activisme populaire. Sans hiérarchie entre les participants, ils appellent de façon non violente à la désobéissance civile et ne sont liés à aucun parti politique ou organisation syndicale. Car justement ce qu’ils dénoncent est le manque de représentativité des systèmes politiques alliés du capitalisme financier.




Le mouvement des Indignés est une série de manifestations spontanées initiées sur les réseaux sociaux et apparues en Espagne à partir du 15 mai 2011. Son nom est inspiré du titre du manifeste « Indignez-vous ! » de Stéphane Hessel et il se revendique du Printemps arabe ainsi que des manifestations anti-gouvernementales liées à la crise qui se sont déroulées en Islande et en Grèce en 2008, puis au Portugal en mars 2011. Ce mouvement a pris une ampleur internationale et une journée mondiale de tous les Indignés a été organisée le 15 octobre 2011.

De leur côté et au cours de l’été 2011, la fondation/magazine Adbusters (1989) ainsi que le collectif Anonymous (2006), qui sont des réseaux d’activistes défendant des causes anti-consuméristes ou anti-capitalistes, ont appelé à manifester contre Wall Street le 17 septembre 2011. Cet appel a été suivi par un millier de personnes manifestant dans les environs de Wall Street avant d’organiser un sit-in dans un parc voisin pendant plusieurs semaines. Le 9 octobre, le mouvement OWS (« Occupy Wall Street ») s’est étendu à l’ensemble des Etats-Unis, puis le 15 octobre à l’ensemble du monde (1500 villes dans 82 pays) en se joignant à tous les Indignés. Les 14 et 15 novembre, les manifestants ont été définitivement expulsés par la police de New-York. Depuis lors, le mouvement survit sur les réseaux sociaux et par des actions ponctuelles.

Ces protestataires pointent un système généralisé qui est devenu plus une ploutocratie et une oligarchie qu’une démocratie. 
Dans ce système, les marchés financiers, les banques et les multinationales font la loi et les échanges ne sont plus fondés sur l’économie réelle mais sur une gigantesque « économie casino ». Les inégalités de revenus entre les super-riches qui en profitent et le reste de la population souffrant d’un chômage de masse devenu structurel sont de plus en plus décomplexées. Et alors même que le sauvetage des banques s’est fait en 2008 avec des fonds publics, transférant ainsi par un tour de passe-passe la dette privée pourrie sur le dos des Etats et des contribuables, les dépenses sociales sont quant à elles par temps de crise de plus en plus diabolisées et revues à la baisse. 
Aussi, les manifestants proclament-ils en une phrase : « Nous sommes les 99% qui ne tolèrent plus l’avidité et la corruption des 1% restant » !

Apparus en 2011 avec l’ingrès d’Uranus en Bélier et alors que le carré Uranus-Pluton était seulement à un degré d’exactitude, ces mouvements sont appelés à perdurer et à se déployer, et peut-être aussi seront-ils amenés à se renouveler les années qui viennent. Car la série de sept carrés exacts laisse penser que nous ne sommes qu’au début d’une période de crise et de transformation profonde doublée, espérons-le, d’une grande créativité.

En 2012, la tenue d’élections présidentielles ou législatives dans plusieurs grands pays (Etats-Unis, France, Russie, Ukraine, Islande, Finlande, Iran, Egypte, etc.) a pour l’instant tendance à réanimer les vieux clivages bipolaires (droite/gauche, réformistes/conservateurs), ce qui fait toujours prospérer les partis politiques et empêche tout éveil. Mais après, tout sera de nouveau ouvert, surtout si les taux d’abstention sont élevés.

Le cas de la France

« L’histoire du XXe siècle nous a déjà montré qu’une société confrontée à une situation économique difficile a le choix entre l’affrontement socio-économique et la désignation de boucs émissaires ethniques ou religieux. Des variables anthropologiques plus profondes que l’économie en décident. Dans une même période, des sociétés parvenues à des niveaux de développement équivalents peuvent prendre des voies différentes. » écrit Emmanuel Todd dans « Après la démocratie ».

Qu’en sera-t-il aujourd’hui et demain ? Le cas de la France est très intéressant à observer, surtout en période d’élections présidentielles.

Appartenant au groupe des trois nations (avec l’Angleterre et les Etats-Unis) au sein desquelles fut conçue la démocratie représentative moderne, c’est elle qui a porté le principe d’égalité le plus loin pour des raisons anthropologiques. La règle d’héritage égalitaire au sein de la famille dominait dans la France du Nord et ce principe d’égalité des enfants fut étendu aux hommes en général, explique Emmanuel Todd. 
Pourtant l’attitude de la France fut plus qu’ambiguë face à l’Allemagne nazie puisque sa collaboration dans la déportation des Juifs fut volontaire, sans parler de cette « France moisie » qui se porte toujours très bien. Alors, que croire ?

Force est de constater que le mouvement des Indignés dénonçant le système économique global ne prend pas en France. Et cela pose question. Soit nous pratiquons tous le déni face à la crise, soit il n’y a vraiment aucune compréhension du système qui dirige la planète ou pire aucune envie d’en changer.

Les sondages révèlent donc qu’une grande partie de la population française est séduite par les extrêmes populistes. Avec d’un côté le retour des vieux discours communistes et de la lutte des classes, et de l’autre la montée du Front national. Deux extrêmes rétrogrades bâtis sur une thématique inégalitaire et non-fraternelle : le rejet des « élites » et la stigmatisation haineuse du « riche » et/ou de l’étranger. 

Nous avons échappé à un riche satyre, socialiste et patron du FMI, mais nous n’échapperons pas (sauf coup de théâtre) à une alliance des socialistes et des communistes comme en 1981 ; ces socialistes qui renoncèrent en 1983 à leurs engagements, trahirent leurs valeurs, et mirent en œuvre toutes les thèses néo-libérales. Les mêmes, n’en doutons pas, finiront par mettre en place les mesures de rigueur prônées par cette idéologie dominante, des mesures que Sarkozy, comble de l’ironie, n’aura pas imposées au peuple français.

Le salut se situe, bien sûr, en dehors des partis politiques, lesquels ne font que reproduire le système actuel parce qu’ils s’en nourrissent comme des parasites. 
Le temps des idéologies, le temps du bla-bla à la Bastille ou à la Concorde est révolu. 
Car le salut réside dans l’éveil des consciences et dans le changement des comportements individuels. 
Mais voilà, cela suppose un effort personnel, cela suppose de se considérer comme un individu responsable. 
Et puis franchement, s’indigner c’est bien, mais ce n’est qu’un tout petit début ; s’indigner d’abord contre soi-même, c’est beaucoup mieux car « nous sommes le monde ». 
Décidément, tous nous dormons encore et il devient urgent de nous réveiller.

Isabelle Cantin -
Hridaya / Tous droits réservés / avril 2012


21 mars 2012

1965 et 2011-2012 : rétrogradation de Mars en Vierge


Du fait de sa rétrogradation, Mars transite actuellement en Vierge pour une période exceptionnellement longue, de l’automne 2011 à l’été 2012, et si l’on décide de s’intéresser aux dernières rétrogradations de la planète dans ce signe, on recense alors plusieurs années : 1997, 1995, 1965 et 1950.


Cela n’a rien de surprenant en soi puisque parmi les années-clés du cycle Soleil-Mars, nous avons notamment 15, 32 et 47 ans, puis 79, 126 et 205 ans. Autrement dit, tous les 15, 32 et 47 ans la conjonction Soleil-Mars se forme à des positions relativement proches, sachant que plus le nombre d’années est élevé plus la précision sera importante. En 1964, la conjonction a eu lieu à 27°24 Verseau, en 1997 à 14°17 Poissons et en 2011 à 15°30 Verseau.

Si je reviens à ma sélection de départ, je remarque qu’en 1997 et 1950, la rétrogradation s’est faite à la fois en Vierge et en Balance, quant à 1995 Mars rétrograda surtout dans le signe du Lion et ne transita que trois degrés en Vierge. Finalement, seule la rétrogradation de l’année 1965 a eu lieu complètement dans le signe, comme aujourd’hui.
Evidemment cela doit nous interpeler puisque nous avons au cours de ces deux périodes un aspect Uranus-Pluton : en 1965-66 la conjonction et en 2012 le carré croissant.

En détaillant le cycle de rétrogradation de 1965 et en se penchant sur les événements concomitants, il apparaît que le transit de Mars en Vierge a coïncidé avec l’éveil de puissantes énergies collectives : celles de la conjonction Uranus-Pluton à 16-17° Vierge qui s’est formée à trois reprises : le 9 octobre 1965, le 5 avril et le 1er juillet 1966.
N’oublions pas toutefois que cette conjonction est active pendant toute la décennie des années 1960 (orbes larges) qui ont connu un climat sans pareille de créativité, de découvertes révolutionnaires, ainsi que d’émancipation et de remise en cause des traditions. 
Dans le signe de la Vierge, ce sera l’invention de l’ordinateur, et plus encore l’essor de la société technicienne ou plutôt la société techno-capitaliste avec sa nouvelle caste de dirigeants tous puissants, les technocrates issus des grandes écoles — en France, du type Polytechnique, ENA, Centrale, les Mines, HEC, etc. ; ce sera aussi la transformation des mentalités, avec notamment la libération sexuelle, la renaissance du féminisme, la culture jeune, le rejet de la société de consommation, et surtout la révolte des minorités et des opprimés de tous les coins du globe. Dès 1964, les pays du Tiers-Monde commencent à faire entendre leur voix et à dénoncer les échanges inégaux entre les pays riches et les pays pauvres.

La rétrogradation de Mars en Vierge qui nous intéresse ici évoque pour sa part le mécontentement des classes populaires, des travailleurs, ainsi que la colère des oubliés du progrès économique et de la société. Par analogie avec la maison VI, ce sont également les manœuvres militaires. 

La planète Mars a transité le signe de la Vierge de novembre 1964 à juillet 1965. Cycle de rétrogradation du 23 novembre 1964 au 25 juin 1965. Station rétrograde le 28 janvier 1965 à 28°03 Vierge ; station directe le 19 avril à 8°43 Vierge. Opposition Soleil-Mars le 9 mars à 18°44 Poissons/Vierge.





L’année 1964 a connu le début des raids aériens américains sur le Vietnam du Nord, mais c’est au mois d’août 1964, au prétexte d’incidents dans le golfe du Tonkin, que le président américain Lyndon B. Johnson entame véritablement la guerre du Vietnam qui va durer plus de dix ans ; une guerre affreuse qui s’inscrit dans le cadre de l’affrontement avec le bloc de l’Est et la Chine. 

Bien sûr, il y eut la contestation pacifique avec les manifestations contre la guerre du Vietnam et le « Flower Power » né à Berkeley (Californie). Ce mouvement, qui fut suggéré par Allen Ginsberg dès novembre 1965 dans son essai « How to make a March/Spectacle », fleurira partout durant le fameux Summer of Love de 1967 et deviendra l’un des ressorts idéologiques de la contre-culture des années 1960-70. 
Ce furent aussi les marches pour la revendication des droits civiques des Afro-Américains, mais aussi plus largement de toute personne vivant aux Etats-Unis. Ces marches furent violemment réprimées par les policiers et décriées par une part raciste de la population.

Les événements qui entourent l’opposition Soleil-Mars du 9 mars 1965 — l’opposition constituant le point culminant et illuminateur du cycle de rétrogradation ­— sont édifiants : 
- le 8 mars voit l’arrivée de 3500 marines au Vietnam du Sud, les premières troupes de combat au sol ;
- les 7 et 9 mars ont lieu deux des trois célèbres marches de Selma à Montgomery (Alabama) qui ont marqué un tournant dans la lutte des droits civiques. Le 7 mars restera dans les mémoires comme étant le « Bloody Sunday » (« Dimanche sanglant ») américain : 600 défenseurs des droits civiques qui souhaitaient présenter leurs doléances au moyen d’une marche pacifique de Selma jusqu’à Montgomery, la capitale de l’état, furent attaqués par la police  locale et une foule hostile qui les attendaient au pont Edmund Pettus. Le 9 mars, Martin Luther King organise une seconde marche jusqu’au pont. Quant à la troisième marche, elle aura lieu du 21 au 25 mars et s’achèvera par le discours de Martin Luther King « How Long, Not Long ». Ce même jour, la militante blanche Viola Liuzzo sera assassinée par des membres du Ku Klux Klan alors qu’elle ramenait des marcheurs dans sa voiture. 
Quelques mois après ces événements tragiques, le 6 août 1965, la loi du Congrès des Etats-Unis accordant le droit de vote sans restriction (Voting Rights Act) sera signée par Lyndon Johnson. La planète Mars avait terminé son transit dans le signe de la Vierge et transitait alors le signe de la Balance.

Les années 1964 et 1965 ne furent donc pas en reste de violence. Violence armée d’un côté et de l’autre violence contestataire. 

En octobre 1965, précisément au moment de la première conjonction Uranus-Pluton, eurent lieu les premiers combats terrestres entre les Américains et les soldats de la République du Vietnam du Nord. Les choses très sérieuses débutaient. 
Dans le même temps, sur l’autre rive du Pacifique, les premiers signes de la Grande Révolution Culturelle étaient déjà perceptibles. Comme chacun sait, elle permit à Mao de s’emparer du pouvoir grâce à la jeunesse et avec l’appui de l’armée, en lançant le mouvement anarchique des jeunes « Gardes rouges » contre la direction du parti et les intellectuels. 

Un vent de révolte commençait à souffler partout.


Des émeutes raciales (1964-1968) éclataient à travers tous les Etats-Unis. 

Elles permirent d’attirer l’attention sur la situation des laissés-pour-compte du système, à savoir les minorités (Afro-américains, Indiens, Hispano-Américains, etc.) écartées des droits et de la croissance économique dans un pays démocratique pourtant fondé sur le principe de l’égalité entre les citoyens. En dépit des avancées juridiques importantes concédées par le gouvernement fédéral, telles la loi du 2 juillet 1964 qui avait rendu illégale toute discrimination en matière de race, de religion et de sexe ou encore le Voting Rights Act de 1965, elles s’amplifièrent à l’été 1966 et donnèrent naissance au fameux « Black Power ». En avril et en juillet 1966 se reformait l’aspect exact Uranus-Pluton, avec au total trois conjonctions. 



En Amérique-latine et au Moyen-Orient, la révolte prit la forme de la guérilla puis du terrorisme. 
En 1964-65 Che Guevara s’insurge contre l’exploitation des pays du Tiers-Monde par les deux blocs de la guerre froide et prône partout l’extension de la révolution contre l’impérialisme. Après sa mort en octobre 1967, il deviendra l’icône des révolutionnaires du monde entier. 
En mai 1964 est créée l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) qui va imposer sa marque à partir de 1967, date à laquelle la supériorité militaire d’Israël éclate au grand jour face à l’humiliation des pays arabes.


En raison de la rétrogradation, Mars a transité trois fois les degrés 16-17 de la conjonction Uranus-Pluton de 1965-66, et pour chacune de ces périodes, nous relevons des événements particuliers. 
Du 9 au 14 décembre 1964 : le 10 décembre Martin Luther King est Prix Nobel de la Paix pour avoir mené une résistance non-violente afin d’éliminer les préjudices raciaux aux Etats-Unis ; le 11 décembre Che Guevara s’adresse à l’Assemblée Générale des Nations Unies pour dénoncer la politique étrangère américaine. Non-violence d’un côté et guérilla/terrorisme de l’autre… 
Du 11 au 16 mars 1965 : nous nous situons dans la période des marches de Selma et le 11, le pasteur James Reeb, un unitarien universaliste blanc très engagé dans le mouvement des droits civiques, décède de ses blessures après avoir été battu par des ségrégationnistes blancs alors qu’il prenait part à l’une des marches. 
Du 30 mai au 4 juin 1965 : le 2 juin les premières troupes canadiennes arrivent au Vietnam du Sud. 





Quel embrasement des consciences que ces années 1960 ! Révolution contre l’ordre établi, aspiration à la liberté. C’était la contestation de l’hégémonie de l’homme blanc occidental avec pour conséquence malheureuse l’éclosion de la guérilla et du terrorisme. C’était la crise de confiance en la démocratie avec pour corolaire la montée de l’activisme populaire. C’était la guerre aussi, avec l’affrontement larvé entre le bloc de l’Ouest d’un côté et de l’autre le bloc de l’Est et la Chine.

Sans surprise à l’approche du carré croissant Uranus-Pluton doublé du long transit de Mars en Vierge, nous baignons aujourd’hui dans une ambiance reflétant pour la première fois le retour de ces énergies radicales et de leurs thématiques associées.

Le 24 juin 2012 aura lieu le premier carré d’une série de sept jusqu’en mars 2015. Or, du 6 au 11 juin 2012 Mars transite les degrés de la conjonction de 1965-66 et le 6 exactement est le jour du fameux transit de Vénus à 15°45 Gémeaux, soit au carré de la conjonction ! Le mois de juin 2012 est donc placé sous haute tension. 
En clair, nous n’en sommes qu’aux prémices. 

Isabelle Cantin - Hridaya / Tous droits réservés / mars 2012

18 février 2012

Les quatre devoirs de l'homme moderne



« Que demande-t-on à l’homme ici et maintenant ? Essentiellement quatre choses : d’abord et avant tout bien faire son travail, soigneusement, ponctuellement. Puis, en dehors de cela, ne s’occuper de rien dans la collectivité, ne rien prendre en charge, ne pas mélanger les « torchons avec les serviettes », laisser à chacun sa compétence : que le politicien dirige, que l’administration exécute, que les Eglises dispensent la tranquillité, que les médecins et les hôpitaux soignent malades et vieillards… Chacun dans sa sphère : « Jouez, jouez, nous nous occupons du reste. » la troisième demande qui concerne cet homme, c’est de bien consommer. Il gagnera bien, il faut qu’il consomme tout, c’est un devoir absolu, c’est même son seul devoir impératif. S’il ne consomme pas davantage, le rythme va se ralentir, l’argent ne pas circuler, le travail ne pas être suffisant. Enfin, dernière demande : suivre exactement l’opinion qui est diffusée par les médias, adopter les thèmes de réflexion et d’informations qui sont proposés et ne pas chercher ailleurs et plus loin. Les informations sont largement suffisantes (et aussi en désignant périodiquement un bouc émissaire, elles permettent aux foules de se défouler sur un affreux ennemi — ni trop proche ni trop puissant — qui permet d’exprimer notre colère et de manifester notre indépendance d’esprit). Voilà les quatre devoirs de l’homme moderne.

Sans doute, il y a quelques obstacles gênants, il y a les chômeurs, il y a les travailleurs immigrés, il y a la famine du tiers-monde, il y a le terrorisme. Mais on peut être assuré que d’une part tous les points noirs à portée de notre main seront bientôt effacés, d’autre part ceux que l’on ne peut atteindre sont fondus dans un brouillard confus et qui laissent apparaître des formes tragiques et lointaines. En somme, les quatre impératifs du grand dessein, déjà très largement accomplis, se ramènent à faire l’impossible pour que l’homme ne voie, par lui-même, ni sa propre vie ni la réalité du monde dans lequel il se trouve. Au milieu de l’exaltation de ce monde communicationnel et informationnel, le grand choix qui est effectué est le choix de l’ignorance (tel est le grand dessein). »

Jacques Ellul, « Le bluff technologique », 1988.

06 février 2012

Astro/Tarot : Mars en Vierge et les arcanes IX et XVI


A la fin du XIXème siècle, l’Ordre Hermétique de l’Aube Dorée, communément appelé la Golden Dawn, est fondé par un petit cercle londonien de mystiques, de philosophes et d’artistes qui va établir des correspondances entre le Tarot et diverses branches de la métaphysique, dont l’astrologie.
 

Ainsi, l’Hermite, le chercheur spirituel et guide à la force tranquille, est associé à la Vierge qui est le signe de la purification de soi et du service. La Maison-Dieu, ou Tour dans le Rider-Waite (RWS), symbole du foudroiement et de la fortification attaquée, est reliée à Mars qui est la planète de l’énergie physique, des accidents, de l’agressivité (positive ou négative) et de la guerre (combat ou fuite/défense).
 

Bien sûr, symboles astrologiques et images du Tarot ne se recouvrent pas intégralement, et c’est une chance. Ils se complètent ainsi merveilleusement dans la pratique, puisque leurs différences ouvrent à des intuitions nouvelles et à des associations très créatives.



Quelques exemples de combinaisons des deux lames de tarot, la Maison-Dieu (ou Tour) et l’Hermite :

- avoir des intuitions ou des révélations spirituelles fulgurantes en s’adonnant à des recherches dans un « laboratoire » isolé (comme C.G. Jung et M-L von Franz chacun dans leur tour à Bollingen ou le poète Hölderlin dans la tour de Tübingen) ;
-  détruire les certitudes et les fausses croyances de ceux qui suivent notre exemple ;
- entreprendre un cheminement spirituel après un éveil subit ;
- un travail introspectif génère des explosions émotionnelles ou de colère, puis libère énormément d’énergie créatrice ;
- un changement dramatique (professionnel, affectif, etc.) donne naissance à un questionnement et à un long travail sur soi ;
- l’effondrement d’une structure que l’on pensait fiable oblige à faire des recherches afin d’y voir plus clair ;
- une analyse mène à des révélations bouleversantes ;
- une blessure d’amour-propre provoque une reconquête de soi en solitaire.


Exemples plus spécifiques à la rétrogradation de Mars en Vierge :

- chercher des réponses à l’effondrement d’une structure ou d’une situation (familiale, affective, professionnelle, etc.) que l’on croyait stable, solide ;
- faire un retour sur soi et analyser une blessure d’amour-propre ;
- éclairer les circonstances d’un accident ;
- tirer la leçon d’une agression foudroyante ;
- se rendre utile face à une situation dramatique ;
- défendre une cause après avoir fait l’expérience d’une expérience dévastatrice ;
- favoriser la destruction de fausses idées ou croyances en leur faisant passer le test de la réalité ;
- dévoiler la vérité en suscitant un grand chambardement ;
- avoir une illumination quant à l’action juste dans une situation donnée ;
- avancer prudemment et consciencieusement après un échec de nos projets très déstabilisateur ;
- critiquer sans ménager l’ego d’autrui ;
- entreprendre une purification ou une désintoxication sévère…

Isabelle Cantin - Hridaya / Tous droits réservés / février 2012

21 janvier 2012

La rétrogradation de Mars en Vierge


En 2012, Mars rétrograde dans le signe de la Vierge, ce qui vaudra à la planète rouge de ne parcourir qu’une vingtaine de degrés au cours de la période de rétrogradation et de passer plus de sept mois, au lieu de deux habituellement, dans un seul signe. 


Pour notre civilisation qui s’est fait du temps un problème, qui valorise l’extraversion, et dans laquelle règnent par voie de conséquence l’instantanéité et l’hyper-activité, quoi de plus déstabilisant et de plus frustrant que la planète de l’action et de l’affirmation réduite à la patience et au lâcher-prise, condamnée à faire du surplace, et même à revenir en arrière ? 

Détails du cycle de rétrogradation : Mars transite en Vierge du 11 novembre 2011 jusqu’au 3 juillet 2012. Cycle complet du 18 novembre 2011 au 19 juin 2012. Station rétrograde le 24 janvier 2012 à 23°05 Vierge ; station directe le 14 avril 2012 à 3°41 Vierge. Opposition Soleil-Mars rétrograde le 3 mars 2012 à 13°39 Poissons/Vierge. 

Signification de la rétrogradation de Mars 
Les rétrogradations sont très intéressantes à étudier, mais plus encore à utiliser consciemment. Car elles sont des occasions de nous déconnecter de l’ego, c’est-à-dire de la personnalité extérieure, et de nous relier à l’Etre, à notre moi supérieur que j’appelle encore le Soi authentique.

Durant la période de rétrogradation, la connexion avec l’Etre intérieur se fait plus particulièrement au moment de l’opposition Soleil-Mars rétrograde, qui constitue le point tournant du cycle pris dans son entier et qui met l’accent sur un axe de signes et de maisons. Moment de crise aiguë ou de conflit, moment d’illumination, ou bien les deux à la fois, il s’agira alors de reconsidérer nos actions et notre façon de nous affirmer afin de nous aligner avec notre source intérieure, et non plus avec l’extérieur.

L’origine de la crise qui s’extériorise dans la maison où transite Mars rétrograde sera à rechercher dans le secteur de vie où s’est formée la conjonction Soleil-Mars, en l’occurrence celle du 4 février 2011 à 15°30 Verseau. Quant à l’objectivité face à l’activité égocentrée, qui permettra peut-être la résolution de la crise ou du conflit, elle se trouvera dans la maison du Soleil. 

Mars, le « fidèle allié » du Soleil 
Au cours de la vie ordinaire et à l’image du combattant, Mars fait usage de son bouclier et de sa lance : il protège et affirme les désirs de la personnalité. Remarquons au passage que dans l’ordre des planètes du système solaire, Mars se situe bien entre les planètes qui se trouvent à l’intérieur de l’orbite terrestre (du Soleil à Vénus) et celles qui sont à l’extérieur, à savoir d’abord les planètes sociales (Jupiter et Saturne), puis les planètes de l’universel (Uranus, Neptune, Pluton). 

Du point de vue de l’Etre, cependant, Mars a pour fonction de servir la destinée. Mars se doit d’être le serviteur du Soleil, entendu comme le point source qui nous relie à la divinité et aussi comme le symbole de notre mission. Mars devient alors le guerrier sacré. 

Avec Mars en Vierge, à quoi ressemble ce guerrier spirituel ? 
Quelles sont ses armes ? Comment opère-t-il ? Quels sont ses défis ? Et quels sont aussi ses défauts ? 

Pour la Tradition, Mars en Vierge est l’artisan, celui qui façonne aussi bien des outils de précision que des objets précieux ; à la fois ingénieux et méticuleux. Aujourd’hui, il me semble qu’il représenterait plutôt le technicien ou le spécialiste.

La capacité d’excellence de ce Mars dans l’élément Terre est reliée au monde physique. L’énergie marsienne doit donc être employée à produire des résultats tangibles. Ce qui décuple ici l’incitation à agir est de faire face à des défis qui exigent de l’astuce intellectuelle, de l’analyse et de l’habileté physique, car n’oublions pas que Mercure, planète rectrice de la Vierge, est une planète de Terre et d’Air. Bien qu’il s’agisse d’un pragmatique, il n’hésite pas à remettre son ouvrage sur le métier, à l’améliorer pour le rendre le plus conforme possible à l’idée ou l’usage qu’il s’en fait.

Si Mars en Vierge avance et agit prudemment, consciencieusement, toujours avec ordre et méthode, car il a tendance à vouloir tout contrôler, il sait toutefois s’adapter facilement aux situations et aux obstacles en raison du mode mutable. Il tâtonne, il essaye et teste différentes choses. Il s’adapte au réel car c’est un réaliste. 
Le champ de bataille de ce Mars en Vierge se situera donc plutôt dans le cadre des exigences du monde concret et des vicissitudes de la vie. Ce qui décuple sa force est d’être efficace et utile en se dévouant à une tâche, une cause ou une personne. Car le service fait partie intégrante de sa nature. 

Ses défauts résident dans l’obsession maniaque des détails au détriment de l’essentiel, ainsi que dans la critique et l’auto-critique face à ce qu’il juge déficient, insuffisant ou inachevé, y compris lui-même.

Bonne année à tous et à toutes.


Isabelle Cantin - Hridaya / Tous droits réservés / janvier 2012

05 décembre 2011

L'éclipse lunaire du 10 décembre 2011

et la station directe d'Uranus

Le 10 décembre 2011, peu après la station directe d’Uranus à 0°39 Bélier, a lieu une éclipse lunaire totale de nœud Sud à 18°11 Gémeaux. Quel événement majeur et/ou quelle surprise nous réserve cette combinaison d’événements astrologiques de première importance ?

L’éclipse lunaire totale du 10 décembre 2011 à 18°11 Gémeaux suit l’éclipse solaire partielle du 25 novembre à 2°27 Sagittaire. En relation avec les nœuds lunaires, ces éclipses s’inscrivent dans le cadre du travail évolutif de l’axe Sagittaire/Gémeaux. 
Avec le nœud Nord en Sagittaire, l’accent porte sur l’élargissement de ses horizons, sur le développement de la foi et de l’enthousiasme, sur la conscience du futur et la nécessité de fixer des objectifs. Le nœud Sud évoque quant à lui la tendance à être trop superficiel et dispersé, analytique et très mental ce qui conduit à douter. 
L’éclipse lunaire du 10 décembre est une éclipse de nœud Sud, ce qui laisse entendre qu’il y a un lâcher-prise à opérer, un sacrifice qui ne va pas sans douleur. 

Généralement, comme pour une Nouvelle Lune suivie d’une Pleine Lune, sauf que les éclipses ont un plus grand impact et leurs effets durent plus longtemps, une éclipse solaire initie un événement qui culmine lors de l‘éclipse lunaire, et, contrairement à l’éclipse solaire qui est plus égocentrée, l’éclipse lunaire contient un élément relationnel.
L’éclipse lunaire du 10 décembre promet donc une révélation ou la culmination d’une situation qui permettra une prise de conscience plus ou moins difficile et douloureuse. Très souvent une relation est impliquée et les émotions sont amplifiées, si bien qu’une sorte de « drame » entoure toujours une éclipse lunaire. 
Thématique liée au signe des Gémeaux : la communication et les médias, les transports, la jeunesse et l’éducation, la bourse et les marchés. Thématique liée au signe opposé, le Sagittaire : les relations internationales, la justice, la religion et les voyages. Le mode mutable traduit beaucoup d’instabilité et de versatilité. 

La planète Mars à 13°16 Vierge forme un carré à l’éclipse, ce qui peut beaucoup amplifier le climat tendu et émotionnel. Ce carré incite à l’action, peut-être afin de revoir ses plans et objectifs après avoir été confronté à un résultat. Mercure, maître de l’éclipse, est rétrograde jusqu’au 14 décembre, ce qui oriente dans le même sens et laisse entrevoir des difficultés.

Quelques heures seulement avant l’éclipse lunaire, la planète Uranus, qui est rétrograde depuis le 10 juillet, redevient directe à 0°39 Bélier, un degré hautement sensible. 
Uranus transite actuellement le signe du Bélier jusqu’en 2019. Est-il besoin de rappeler que l’ingrès d’Uranus en Bélier le 11-12 mars 2011 a coïncidé avec le tremblement de terre et l’accident de la centrale nucléaire de Fukushima au Japon. Uranus évoque l’inattendu, l’imprévisible, le changement perturbateur. Uranus est la planète des forces progressistes, de l’émancipation, de l’indépendance et de l’individualisme, de la rébellion. Il régit notamment la technologie, l’internet, l’électricité et le nucléaire (Uranium) conjointement avec Pluton.

La concentration de tous ces facteurs astrologiques amène à penser que nous allons être confrontés à un événement de première importance, et, comme pour toutes les éclipses lunaires, une catastrophe naturelle n’est jamais à écarter. A noter au passage que la zone de visibilité totale de l’éclipse concerne l’Australie, l’Asie et l’Amérique du Nord. 
Relevons aussi que les effets de l’éclipse peuvent déjà être ressentis et constatés à travers certains événements de l’actualité, tels que les militants de Greenpeace s’introduisant dans plusieurs centrales nucléaires françaises afin de démontrer que la sécurité totale n’existe pas en matière de nucléaire, contrairement à ce que les autorités veulent faire croire à la population.

Mais le grand rendez-vous risque d’être celui du sommet européen du 8 et 9 décembre qui se tient à Bruxelles, et qui doit décider de l’avenir de l’Union Européenne et de l’euro. L’éclipse lunaire tombe sur le Soleil du thème de l’Italie, sur le Mercure du thème de la constitution de l’Allemagne de l’Ouest de 1949 et sur le Mars du thème des Etats-Unis qui est lié aux kraks boursiers.Voilà de quoi nous inquiéter. L’Italie, avec ses 60 millions d’habitants, est la troisième économie de la zone euro et la septième puissance mondiale derrière la France et le Royaume-Uni. L’adoption de son plan de rigueur est jugée cruciale, de même que la nomination de Mario Monti à la présidence du Conseil, mais en même temps nous savons tous que ces mesures ne suffiront pas à endiguer la crise et la folie des marchés. Alors l’Italie, plus que la Grèce, sera-t-elle le pays qui va bientôt faire chuter l’Europe et entrainer toutes les places boursières du monde, à moins que ce ne soit la vision conceptuelle de l’Allemagne ?

Isabelle Cantin - Hridaya / décembre 2011 / Tous droits réservés


27 novembre 2011

Le chemin de l'espérance

qui est celui de l'évolution créatrice

Par leurs propositions énoncées en une soixantaine de pages, et réunies sous le titre « Le chemin de l’espérance » paru chez Fayard en octobre 2011, Stéphane Hessel et Edgard Morin souhaitent contribuer à la formation « d’un puissant mouvement citoyen, d’une insurrection des consciences ».

Ce livre mérite d’être lu et médité afin d’en saisir toute la portée qui est loin d’être simpliste, voire même utopique. Car il est bien temps d’ « une nouvelle politique du vouloir-vivre et revivre qui nous arrache à une apathie et à une résignation mortelles. »

Et de fait, au cours des âges mikaéliques connus de la tradition ésotérique occidentale, les êtres humains sont traversés par une intelligence cosmique qui leur f
ait relever la tête et clamer que oui, ils peuvent se reconnecter avec le divin afin de remplir leur mission.

En dépit du découragement général qui sévit à la fois sur Terre et aussi dans les mondes supérieurs, l’Archange Mikael est celui d’entre les sept archanges régents de l’humanité qui ne se résigne pas à la Chute de l’Homme. Il est l’Esprit Solaire qui combat le Dragon des Esprits des ténèbres, il est le gardien de l’Intelligence Cosmique et celui par lequel
nous pouvons aujourd’hui approcher le Christ.


Alors que les Forces du Mal (lucifériennes et ahrimaniques) travaillent sans relâche à maintenir les êtres humains dans l’inconscience afin de barrer la voie
à l’évolution créatrice, des hommes et des femmes font leur possible pour ouvrir les yeux de leurs contemporains. Stéphane Hessel et Edgar Morin s’inscrivent dans cette lignée d’êtres dévoués, courageux et patients, au service de l’Etre Solaire.




Pour preuve, voici quelques extraits :

« Nous [Français] devons prendre conscience que nous partageons une communauté de destin planétaire ; toute l’humanité subit les mêmes menaces mortelles qu’apportent la prolifération des armes nucléaires, le déchaînement des conflits ethno-religieux, la dégradation de la biosphère, le cours ambivalent d’une économie mondiale incontrôlée, la tyrannie de l’argent, la conjonction d’une barbarie venue du fond des âges et de la barbarie glacée propre au calcul technique et économique. Toute l’humanité, qui a subi la barbarie des totalitarismes au XXe siècle, voit désormais fondre sur elle l’hydre du capitalisme financier et, en même temps déferler toutes sortes de fanatismes et de manichéismes ethniques, nationalistes, religieux. L’humanité entière est confrontée à un ensemble entremêlé de crises qui, à elles seules, constituent la Grande Crise d’une humanité qui n’arrive pas à accéder à l’Humanité. »

[…]

« Nous [Français] ne pouvons décider seuls du destin de notre planète, mais, [au nom des principes illustrés par les onzième et douzième couplets de La Marseillaise, le programme adopté en 1944 par le Conseil national de la Résistance, et la Déclaration universelle des droits de l’homme], nous pouvons formuler la grande, la longue et difficile voie vers une Terre-Patrie qui engloberait et respecterait les patries, dont la nôtre, ce qui commanderait le dépassement des souverainetés absolues des Etats-nations face à tous les problèmes globaux de l’ère planétaire, tout en respectant pleinement, par ailleurs, dans les autres domaines, leur souveraineté. »

[…]

« L’impuissance du système planétaire à traiter les problèmes vitaux qu’il génère le condamne à la désintégration ou à la régression, à moins qu’il ne réussisse à créer les conditions de sa propre métamorphose, celle qui le rendrait capable à la fois de survivre et de se transformer.

[…]

« Nous devons prendre conscience que la mondialisation constitue à la fois le meilleur et le pire de ce qui a pu advenir à l’humanité. 
Le meilleur, parce que tous les fragments de l’humanité sont pour la première fois devenus interdépendants, qu’ils vivent une communauté de destin qui crée la possibilité d’une Terre-Patrie, laquelle, répétons-le, loin de nier les patries singulières, les engloberait.
Le pire, parce qu’elle a donné le départ à une course effrénée vers des catastrophes en chaîne. L’essor incontrôlé des pouvoirs manipulateurs et destructeurs de la science et de la technique, le déchaînement tous azimuts de l’économie de profit ont engendré la prolifération des armes de destruction massive et la dégradation de la biosphère, cependant qu’aux totalitarismes du XXe siècle ont succédé la tyrannie d’un capitalisme financier qui ne connaît plus de bornes, soumet Etats et peuples à ses spéculations, et le retour de phénomènes de fermeture xénophobe, raciale, ethnique et territoriale. Les ravages conjugués d’une spéculation financière et de fanatismes-manichéismes aveugles amplifient et accélèrent les processus annonciateurs de catastrophes. »

[…]

« Dans un monde désormais multipolaire, nous devons nous efforcer de donner consistance à l’Europe en lui donnant unité, autonomie et volonté politique.

 […]

Nous lui assignons un grand dessein : de même que la Renaissance européenne des XVe-XVIe siècles fut créatrice de civilisation en revitalisant l’apport de la pensée grecque, nous essaierons de contribuer à une nouvelle Renaissance en intégrant l’apport moral et spirituel d’autres civilisations, notamment celui des sagesses asiatiques. Nous devrons proposer au monde non la perpétuation, telle qu’elle, de l’occidentalisation, mais une politique de l’humanité qui, en tous points du globe, tenant compte des particularités, des richesses et des déficiences culturelles, viserait à opérer la synthèse du meilleur de toutes les civilisations. L’idée d’une telle symbiose des civilisations devrait refouler définitivement l’idée d’un choc ou d’une guerre de civilisations. »