Uranus, la planète découverte
en 1781 au moment des grandes révolutions et de la culmination du mouvement
philosophique, culturel et scientifique des Lumières, transite depuis mars 2011
le Bélier qui est le signe du « printemps » et du renouveau, de
l’indépendance et de l’activisme. Pluton, découvert en 1930 et relié au
principe de mort/renaissance, à la volonté de pouvoir et aux instincts
primordiaux, transite le Capricorne de 2008 à 2023, un transit qui correspond à
l’effondrement et à la transformation des structures de la société, plus
précisément des systèmes politiques et financiers qui sont dégénérés et
corrompus.
Avec le carré croissant entre
ces deux planètes collectives, exact de 2012 à 2015 et qui est en orbe de 2007
à 2020, autant dire que nous vivons une période exceptionnelle durant laquelle
de puissantes énergies radicales sur lesquelles nous n’avons aucun contrôle s’activent
l’une l’autre et interagissent. L’univers étant un immense
champ unifié, une matrice énergétique dans laquelle nous sommes contenus, cette
« géométrie » planétaire nous impacte tous directement. C’est ainsi
que sur la Terre de grandes masses de population sont mues comme des
marionnettes et répondent par la même à une économie cosmique qui nous échappe
largement. Mais ceci est une autre histoire…
S’agissant de cet article, et
alors que se dessinent des élections ou des changements politiques majeurs au
sein de plusieurs pays ayant du poids sur l’échiquier mondial, j’aimerais
revenir sur certains événements intervenus au moment de la crise financière de
2008 et qui se sont intensifiés en 2011 ; des événements qui traduisent la
montée au sein des populations de forces contestataires soit conservatrices,
soit révolutionnaires et émancipatrices, tels l’apparition du Tea Party
aux Etats-Unis, la montée de l’islamophobie dans de nombreux pays européens, le
Printemps arabe, l’émergence sensible de la contestation en Chine et en Russie,
ainsi que les mouvements des Indignés et de l’OWS (Occupy Wall Street) très actifs dans les réseaux sociaux.
Ce à quoi nous assistons est
une montée en voix des populations mécontentes. Partout sur le globe et
amplifiée par la puissance d’Internet, la contestation est en marche et se fait
entendre. Mais il faut selon moi faire la différence entre deux types de
contestation : l’une populaire et l’autre populiste. Comme un curieux
mélange des années 1930 et des années 1960.
Comment agit le complexe Uranus-Pluton
Lors de chacune des phases du
cycle Uranus-Pluton — comme pour tout autre cycle planétaire —, les archétypes
associés à chacune des deux planètes s’activent et s’influencent mutuellement.
Uranus —> Pluton :
Uranus libère ou éveille ce qui vient des profondeurs, ce qui est refoulé, les
instincts primordiaux, libidinaux, agressifs, destructeurs et transformateurs.
Pluton —> Uranus :
Pluton donne du pouvoir et intensifie le principe prométhéen de rébellion et de
liberté, d’émancipation, d’innovation et d’éveil.
De surcroît, selon l’astrologue
et historien Richard Tarnas :
- le principe prométhéen
associé à Uranus agit en libérant ou en éveillant soudainement ce qu’il touche
avec des conséquences inattendues, déstabilisantes, novatrices et
émancipatrices ;
- le principe dionysiaque nietzschéen
associé à Pluton agit en donnant du pouvoir et en intensifiant ce qu’il touche
avec des conséquences profondément transformatrices et parfois accablantes et
destructrices.
Uranus-Pluton : deux types de contestation
Alors que les manifestations
des Indignés ou de l’OWS se revendiquant pour une large part du Printemps arabe
rappellent celles des années 1960, la montée des partis populistes d’extrême
droite ou d’extrême gauche soutient quant à elle la comparaison avec les années
1930.En schématisant, nous avons
l’éveil des consciences et la créativité d’un côté (Uranus), et de l’autre le
ressentiment et le replis identitaire conservateur (Pluton).
Dans les années 1930, les
mouvements fascistes ont mobilisé les masses. Ils s’adressaient à tous ceux qui
se considéraient comme les oubliés ou les victimes du système et prônaient une
transformation de la société en mettant l’accent sur des valeurs
conservatrices.
Le trouble vient de ce que ces
mouvements empruntaient certains éléments aux mouvements révolutionnaires. Ils
attiraient à eux des personnes qui souhaitaient vraiment une refonte complète
de la société, et souvent avec une composante anti-oligarchique et
anti-capitaliste. C’est ainsi que le parti nazi se déclarait national-socialiste.
Mais il n’y avait guère d’appel
à la liberté et à l’émancipation. Tout au contraire, il s’agissait d’un retour
en arrière vers l’instinct grégaire et les valeurs traditionnelles au rang
desquelles l’autorité et le paternalisme arrivent en première place puisqu’il
faut dans le même temps favoriser le culte d’une figure charismatique, d’un
chef.
Le populisme se nourrit du
ressentiment des petits au sens nietzschéen du terme, c’est-à-dire lorsque la
rancune des médiocres ou des ratés s’exerce sous le couvert de la morale. Il
met en cause une élite ou de petits groupes d’intérêts particuliers qu’il
accuse d’avoir confisqué le pouvoir et dans le même temps il s’attaque aux
libertés de l’Etat de droit. Le populisme est globalement hostile à la culture
moderne et il dénonce l’émancipation (la liberté sexuelle, le droit à
l’avortement, etc.).
Il part également du principe
que la cohésion d’une société, c’est son identité, laquelle est définie
négativement. Autrement dit, on stigmatise ceux qu’il faut exclure,
généralement selon des critères raciaux et ethniques ou religieux : les
immigrés, les Noirs, les Juifs, les Arabes et l’Islam…
Finalement, ce que le populisme
rejette, ce sont justement les idées des Lumières et de la Révolution
française : la liberté, l’égalité et la fraternité.
Le maître et l’esclave forment
un couple indissociable. Tout autre est le cas de figure d’hommes et de femmes
qui sont acteurs et responsables de leur vie. Ce sont des individus à part
entière qui s’assument complètement.
Voilà toute la différence. Voilà aussi le grand enjeu des
années à venir. Passer du statut d’esclave ou de victime à celui d’adulte
autonome et responsable, quelque soit sa contribution à la société, son statut
et sa réussite.
N’est-ce pas l’un des grands
thèmes de la conjonction Uranus-Pluton de 1965-66 dans le signe de la
Vierge ? Révolutionner et transformer les mentalités, celle des classes
populaires et des minorités, mais plus largement celle des 99,9% qui sont
dominés et exploités par les 0,1% des maîtres du monde qui, cela va de soit,
sont aussi les plus riches.
Les exemples du Tea Party et des mouvements des Indignés et de l’OWS
Le Tea Party dont le nom fait
référence à la Tea Party de Boston, un événement qui s’est déroulé lors de la
révolution américaine à la fin du XVIIIème siècle, est un mouvement politique
contestataire apparu au début de la présidence d’Obama et dans le contexte de la
crise de 2008.
Il a pris naissance lors de
manifestations organisées contre les plans de sauvetage du secteur bancaire,
puis contre la réforme de santé. Il s’oppose à l’Etat fédéral et ses impôts
(TEA étant l’abréviation de « Taxed
Enough Already »), et réclame un retour à l’esprit des Pères
fondateurs !
Le Tea Party, qui rassemble
notamment des déçus de la société, des partisans de la peine de mort, mais
aussi des opposants à l’avortement et des défenseurs de la liberté
individuelle, est une mouvance hétéroclite en dehors des partis traditionnels
et qui ne se prive pas de grappiller de nombreuses voix aux républicains. Car
il s’agit d’un parti populiste, ultra-conservateur et rétrograde, dont les
attaques portent aussi très souvent sur les origines métissées du président
Obama.
A l’inverse du Tea Party, les
mouvements des Indignés et de l’OWS relèvent plutôt de l’activisme populaire.
Sans hiérarchie entre les participants, ils appellent de façon non violente à
la désobéissance civile et ne sont liés à aucun parti politique ou organisation
syndicale. Car justement ce qu’ils dénoncent est le manque de représentativité
des systèmes politiques alliés du capitalisme financier.
Le mouvement des Indignés est
une série de manifestations spontanées initiées sur les réseaux sociaux et
apparues en Espagne à partir du 15 mai 2011. Son nom est inspiré du titre du
manifeste « Indignez-vous ! »
de Stéphane Hessel et il se revendique du Printemps arabe ainsi que des
manifestations anti-gouvernementales liées à la crise qui se sont déroulées en Islande
et en Grèce en 2008, puis au Portugal en mars 2011. Ce mouvement a pris une
ampleur internationale et une journée mondiale de tous les Indignés a été
organisée le 15 octobre 2011.
De leur côté et au cours de
l’été 2011, la fondation/magazine Adbusters (1989) ainsi que le collectif
Anonymous (2006), qui sont des réseaux d’activistes défendant des causes
anti-consuméristes ou anti-capitalistes, ont appelé à manifester contre Wall
Street le 17 septembre 2011. Cet appel a été suivi par un millier de personnes
manifestant dans les environs de Wall Street avant d’organiser un sit-in dans un parc voisin pendant
plusieurs semaines. Le 9 octobre, le mouvement OWS (« Occupy Wall Street ») s’est étendu à l’ensemble des
Etats-Unis, puis le 15 octobre à l’ensemble du monde (1500 villes dans 82 pays)
en se joignant à tous les Indignés. Les 14 et 15 novembre, les manifestants ont
été définitivement expulsés par la police de New-York. Depuis lors, le
mouvement survit sur les réseaux sociaux et par des actions ponctuelles.
Ces protestataires pointent un
système généralisé qui est devenu plus une ploutocratie et une oligarchie
qu’une démocratie.
Dans ce système, les marchés
financiers, les banques et les multinationales font la loi et les échanges ne
sont plus fondés sur l’économie réelle mais sur une gigantesque « économie
casino ». Les inégalités de revenus entre les super-riches qui en
profitent et le reste de la population souffrant d’un chômage de masse devenu
structurel sont de plus en plus décomplexées. Et alors même que le sauvetage
des banques s’est fait en 2008 avec des fonds publics, transférant ainsi par un
tour de passe-passe la dette privée pourrie sur le dos des Etats et des
contribuables, les dépenses sociales sont quant à elles par temps de crise de
plus en plus diabolisées et revues à la baisse.
Aussi, les manifestants
proclament-ils en une phrase : « Nous sommes les 99% qui ne tolèrent
plus l’avidité et la corruption des 1% restant » !
Apparus en 2011 avec l’ingrès
d’Uranus en Bélier et alors que le carré Uranus-Pluton était seulement à un
degré d’exactitude, ces mouvements sont appelés à perdurer et à se déployer, et
peut-être aussi seront-ils amenés à se renouveler les années qui viennent. Car
la série de sept carrés exacts laisse penser que nous ne sommes qu’au début
d’une période de crise et de transformation profonde doublée, espérons-le,
d’une grande créativité.
En 2012, la tenue d’élections
présidentielles ou législatives dans plusieurs grands pays (Etats-Unis, France,
Russie, Ukraine, Islande, Finlande, Iran, Egypte, etc.) a pour l’instant
tendance à réanimer les vieux clivages bipolaires (droite/gauche, réformistes/conservateurs),
ce qui fait toujours prospérer les partis politiques et empêche tout éveil.
Mais après, tout sera de nouveau ouvert, surtout si les taux d’abstention sont
élevés.
Le cas de la France
« L’histoire du XXe siècle
nous a déjà montré qu’une société confrontée à une situation économique
difficile a le choix entre l’affrontement socio-économique et la désignation de
boucs émissaires ethniques ou religieux. Des variables anthropologiques plus
profondes que l’économie en décident. Dans une même période, des sociétés
parvenues à des niveaux de développement équivalents peuvent prendre des voies
différentes. » écrit Emmanuel Todd dans « Après la démocratie ».
Qu’en sera-t-il aujourd’hui et
demain ? Le cas de la France est très intéressant à observer, surtout en
période d’élections présidentielles.
Appartenant au groupe des trois
nations (avec l’Angleterre et les Etats-Unis) au sein desquelles fut conçue la
démocratie représentative moderne, c’est elle qui a porté le principe d’égalité
le plus loin pour des raisons anthropologiques. La règle d’héritage égalitaire
au sein de la famille dominait dans la France du Nord et ce principe d’égalité
des enfants fut étendu aux hommes en général, explique Emmanuel Todd.
Pourtant l’attitude de la
France fut plus qu’ambiguë face à l’Allemagne nazie puisque sa collaboration dans
la déportation des Juifs fut volontaire, sans parler de cette « France
moisie » qui se porte toujours très bien. Alors, que croire ?
Force est de constater que le
mouvement des Indignés dénonçant le système économique global ne prend pas en
France. Et cela pose question. Soit nous pratiquons tous le déni face à la
crise, soit il n’y a vraiment aucune compréhension du système qui dirige la
planète ou pire aucune envie d’en changer.
Les sondages révèlent donc qu’une
grande partie de la population française est séduite par les extrêmes populistes.
Avec d’un côté le retour des vieux discours communistes et de la lutte des
classes, et de l’autre la montée du Front national. Deux extrêmes rétrogrades bâtis
sur une thématique inégalitaire et non-fraternelle : le rejet des « élites »
et la stigmatisation haineuse du « riche » et/ou de l’étranger.
Nous avons échappé à un riche satyre,
socialiste et patron du FMI, mais nous n’échapperons pas (sauf coup de théâtre) à une alliance
des socialistes et des communistes comme en 1981 ; ces socialistes qui renoncèrent
en 1983 à leurs engagements, trahirent leurs valeurs, et mirent en œuvre toutes
les thèses néo-libérales. Les mêmes, n’en doutons pas, finiront par mettre en
place les mesures de rigueur prônées par cette idéologie dominante, des mesures
que Sarkozy, comble de l’ironie, n’aura pas imposées au peuple français.
Le salut se situe, bien sûr, en
dehors des partis politiques, lesquels ne font que reproduire le système actuel
parce qu’ils s’en nourrissent comme des parasites.
Le temps des idéologies, le
temps du bla-bla à la Bastille ou à la Concorde est révolu.
Car le salut réside dans
l’éveil des consciences et dans le changement des comportements individuels.
Mais voilà, cela suppose un
effort personnel, cela suppose de se considérer comme un individu responsable.
Et puis franchement, s’indigner
c’est bien, mais ce n’est qu’un tout petit début ; s’indigner d’abord
contre soi-même, c’est beaucoup mieux car « nous sommes le monde ».
Décidément, tous nous dormons encore
et il devient urgent de nous réveiller.
Isabelle Cantin - Hridaya / Tous droits réservés / avril 2012