19 mars 2007

Les identités meurtrières



Le goût de l’avenir (2)

En annonçant qu’il créera, s’il est élu, un « ministère de l’immigration et de l’identité nationale », un des candidats à l’élection présidentielle, Nicolas Sarkozy puisqu’il faut le nommer, a déclenché une polémique dont notre pays se serait bien passé pour son image et aussi sa santé psychique. Coupler l’immigration à l’identité nationale, hormis le fait qu’il faudrait savoir de quelle identité il s’agit, c’est, en effet, opposer les Français aux étrangers.

Souvenons-nous de la présence de Jean-Marie Le Pen au second tour de l’élection présidentielle de 2002 et du fameux « choc » qu’elle engendra. Au vu des sempiternels débats sur l’immigration et des intentions des uns et des autres, je constate, malheureusement, qu’il n’y a aucune solution de continuité entre la menace extrémiste d’hier et celle d’aujourd’hui.

Si nous étions vraiment sérieux, nous nous interrogerions.

Nous allons entrer dans une période historique comparable aux années 30 qui ont connu la montée du fascisme et des totalitarismes.
Si l’actuelle opposition Saturne-Neptune est la marque d’un désarroi et d’une perte de foi face à l’avenir (c’est comme si nous vivions enfermés dans une bulle de négativité), les grands bouleversements, quant à eux, n’auront lieu qu’après 2007. Le carré en T cardinal formé de Saturne, Uranus et Pluton, qui sera en orbe de 2008 à 2011, va confronter l’humanité à des défis particulièrement aigus.
Au XXème siècle, ces trois planètes se sont retrouvées par deux fois en aspects tendus : de 1929 à 1933, puis de 1964 à 1968. De ces deux périodes, c’est la Grande Crise des années 1929-1933, avec ses effets dramatiques sur la vie politique, qui est la plus approchante du climat à venir. Aussi, conviendrait-il d’être très prudent face à la xénophobie.
Remarquez, d’ores et déjà, comme tous les nationalismes sont de plus en plus décomplexés en Europe. Et chose très inquiétante : l’Allemagne s’y met aussi.

De son côté, la France est un pays mal en point.
Trois « placards », mal liquidés par la politique française, pèsent lourd dans la psyché nationale, plus encore que la globalisation ou l’euro fort. Il s’agit, comme s’en est souvent expliqué un de nos plus brillants écrivains, de la période 1940-1944, de la guerre d’Algérie et de l’explosion de 1968.
Si la France a récemment fait quelques avancées du côté de la conscience d’une responsabilité et de l’autocritique, elle n’en est qu’à ses débuts. C’est la raison pour laquelle les Français vont pendant longtemps encore demeurer les champions du monde de la consommation d’antidépresseurs. Cela explique aussi pourquoi la France n’en finit pas de chuter.
Une étude des cycles de la France et de la Vème république permet d’envisager un nouveau départ (relatif) socio-économique et politique à l’automne. Une ère s’achèvera alors véritablement, celle de Chirac. Faut-il s’attendre au mois de novembre 2007 à des réactions et aux conséquences, bonnes ou mauvaises, des premières mesures gouvernementales, ou bien encore aux états généraux promis par Ségolène Royal ?

D’ici là et dans ce contexte général, en appeler aux vieux démons pour remporter une élection présidentielle est dangereux. C’est faire de la France la proie des ombres passées et la condamner à n’avoir aucun avenir.
Plus grave, c’est réveiller les différences et les conflits identitaires dans un monde secoué par de nouvelles guerres pour les ressources (le pétrole, le gaz naturel, l’eau...) et montrant dans le même temps des signes inquiétants de dérèglement climatique et de pollution.

Comment dès lors espérer s’attaquer à ces problèmes majeurs, vitaux, qui exigent de chaque être humain une prise de conscience que la Terre est sa patrie ?

A suivre.

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